La douleur post-opératoire aiguë concerne près de la moitié des 7 millions de Français qui subissent une intervention chirurgicale chaque année. Selon le cas, sa prise en charge relève de l’utilisation d’antalgiques, non opioïdes et/ou opioïdes, ou d’une analgésie loco-régionale. Utilisée pour la première fois en France en 1971, la pompe à morphine visant à une analgésie contrôlée par le patient (ACP) est aujourd’hui très répandue. Cette méthode implique l’administration intraveineuse de morphinomimétiques et permet une prise en charge de la douleur « à la demande ». Le fentanyl est un puissant morphinomimétique de palier III(1), utilisé depuis près de cinquante ans par voie intraveineuse et depuis dix ans par voie transdermique, notamment grâce à son caractère lipophile et à son faible poids moléculaire. Mis au point par Janssen-Cilag, Ionsys est le premier dispositif transdermique utilisant la technique d’iontophorèse pour l’administration de fentanyl dans les douleurs postopératoires aiguës modérées à sévères. L’iontophorèse, en générant un champ électrique de faible intensité, va permettre le transport des molécules de fentanyl à travers les couches cutanées jusqu’à la circulation sanguine.
Une alternative à la pompe
Le dispositif comporte un système compact de contrôle électronique et deux réservoirs d’hydrogel, dont l’un contient du chlorhydrate de fentanyl sous forme de gel. Le dispositif délivre, à la demande, une dose fixe de 40 μg de fentanyl en 10 minutes pour un maximum de 6 doses par heure ou de 80 doses par 24 heures. Le dispositif est parfaitement sécurisé et il s’arrête automatiquement de fonctionner après 24 heures ou l’administration de 80 doses. Il permet également de contrôler le nombre de doses déjà administrées. Pour la plupart des patients, un traitement de 24 heures est suffisant ; toutefois, une durée maximale de traitement de 72 heures est possible. Cette technologie innovante offre tous les avantages associés à l’ACP : analgésie à la demande, réduction des risques de sous-dosage et/ou de surdosage et participation active du patient. En outre, son utilisation s’accompagne d’une simplification notable de la prise en charge de la douleur puisqu’elle est non invasive, à usage unique et pré-programmée. Sans pour autant négliger l’indispensable formation spécifique du personnel et des patients à l’utilisation du dispositif. L’efficacité et la tolérance de Ionsys s’appuient sur les résultats de sept études cliniques. Selon l’avis de la Commission de la transparence : « Ionsys devrait permettre d’améliorer le confort du patient grâce à une simplification des soins ». C’est, du moins, le but attendu.
Nathalie Le Goff
Miguel Medina
(1) selon la classification de l’OMS
