n°1202 juillet-aout 2008
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Actualité Edito Les raisons du réseau
Comme s’il ne suffisait pas que nous subissions depuis des mois d’incessantes attaques sur le monopole et sur le capital, voilà que surgit dans le débat public la question du nombre de pharmacies. Encore une fois, nous voilà donc sommés de faire oeuvre de pédagogie, non pas pour justifier un corporatisme, mais pour nous expliquer sur le service que nous rendons à la population. La France vieillit, et pour faire face à la montée exponentielle des besoins en termes de prise en charge des personnes âgées, surtout lorsqu’elles sont isolées, il existe un réseau. Un réseau dense, qualifié et performant riche de 23 500 officines de pharmacie. Autant de croix vertes qui, dans un contexte de raréfaction de l’offre médicale, signalent l’existence sur le territoire, 24 heures sur 24, d’un service de santé de proximité. On ne conteste pas que des aménagements doivent être opérés, que des transferts et des regroupements soient souhaitables, dans les années à venir, pour continuer à assurer un service de santé optimal tout en garantissant la viabilité financière des officines. Mais ce processus, qui va dans le sens d’une contraction raisonnée du réseau, prendra du temps. Le maillage tel qu’il est ne résulte pas de l’arbitraire. Il n’est pas le fait discrétionnaire d’une profession qui échapperait à toute réglementation. Non, le réseau tel qu’il est aujourd’hui, et pour perfectible qu’il soit, résulte de la volonté du législateur. Nous avons violemment dénoncé en leur temps les créations par voie dérogatoire en ce qu’elles trahissaient l’esprit de la loi tout autant que l’intérêt général. Les créations excédentaires ne sont pas le fait de la profession et il ne faudrait pas, au motif qu’elles ont existé, céder à la tentation d’un malthusianisme pharmaceutique radical. Pas plus qu’on ne peut justifier le monopole par le maillage territorial – entre autres arguments – et prôner dans le même temps la suppression de 6 000 officines ! La représentation nationale a voté, à l’automne dernier, une nouvelle loi de répartition démogéographique des officines. Cette loi, telle qu’elle a été conçue, est de nature à permettre une réorientation du réseau. Le législateur, au travers de ce texte, a voulu prendre acte d’une situation générée sous l’empire des lois précédentes, tout en permettant au réseau de s’adapter aux nouvelles contingences. C’est en conformité avec la lettre et l’esprit des textes que nous continuerons d’évoluer, dans un esprit de responsabilité visà- vis de nos patients et de nos entreprises. Laissons à leurs auteurs la responsabilité de leurs oracles, et continuons d’évoluer dans le cadre défini par la loi.

Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
Photo Miguel Medina
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