n°1202 juillet-aout 2008
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Santé Hépatologie L’interféron, telle est la question…
Réalisée par Schering-Plough, l’étude IDEAL a comparé l’efficacité et la tolérance de trois thérapeutiques contre l’hépatite C. En voici les premiers résultats.
Bien que l’efficacité des traitements anti-VHC se soient considérablement améliorée au cours des dernières années, grâce notamment aux bithérapies, les échecs thérapeutiques sont encore nombreux : environ la moitié des malades traités n’obtiennent pas d’éradication virale et l’évolution de la maladie se poursuit. D’où l’importance des résultats des nombreuses études lancées dans ce domaine, dans l’objectif d’optimiser la prise en charge. Près de 400 000 personnes en France sont actuellement porteuses d’anticorps contre le VHC, soit 0,84 % de la population. En termes d’incidence, le nombre de nouveaux cas par an est estimé à 5 000. Cause répandue de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire, l’infection chronique est aussi l’une des principales causes de transplantation hépatique. Les enjeux sont donc de taille en matière de traitement. Actuellement, la thérapeutique de référence repose sur l’association de l’interféron pégylé (alfa-2b ou 2a) et de la ribavirine. Grâce à cette bithérapie, le pourcentage de malades ayant une réponse virologique prolongée – RPV, qui correspond à l’éradication virale – est passé de 10 %, avec une monothérapie, à plus de 50 %. Cependant, de nombreuses questions persistent : sur les dosages des différentes molécules, les durées de traitement, l’évaluation des cinétiques ou encore la gestion des effets indésirables.

Choix cornélien

Mise en place afin de comparer l’efficacité et la tolérance sur 48 semaines de deux posologies d’interféron pégylé alfa-2b et de l’alfa-2a, en association à la ribavirine, l’étude IDEAL(1) a livré récemment ses premières conclusions. Il y a plusieurs enseignements à en tirer : d’une part, il n’y a pas de différence significative entre les taux de RPV obtenus avec les différents traitements et, d’autre part, les taux d’arrêt et d’effets indésirables graves sont similaires. En revanche, la réponse en fin de traitement est plus élevée avec le peginterféron alfa-2a mais la rechute – observée à la 72e semaine – moins fréquente avec la forme alfa-2b. Menée en parallèle, une étude clinique de suivi à long terme a par ailleurs confirmé le maintien de l’éradication virale avec le peginterféron alfa-2b. En effet, cinq ans après l’arrêt du traitement, 99 % des patients sont guéris. Un bémol est toutefois à apporter à cette « guérison » puisque celleci n’exclut pas, chez les patients porteurs d’une cirrhose, l’évolution de la maladie hépatique (hépatocarcinome, etc). Si les conclusions de ces études permettent d’ores et déjà d’aider les médecins à prendre leurs décisions thérapeutiques, de nouvelles analyses sont bien évidemment nécessaires pour compléter ces informations.

Claire Grevot
Photo DR

(1) Etude de phase IIIb, multicentrique, randomisée, réalisée chez 3 070 patients atteints d’hépatite chronique C de génotype 1.
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