n°1202 juillet-aout 2008
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Santé Prévention Le b.a-ba de la brochure
Education sanitaire, OTC en accès direct… en matière de conseil officinal comme ailleurs, les paroles s’envolent, les écrits restent. Petit manuel de survie dans la jungle de l’information santé au patient.

L’éducation sanitaire est un domaine où le pharmacien veut et peut être roi, au prix de quelques efforts. Et en la matière, le Sésame, c’est la brochure patient. Il en existe de toutes sortes, de toutes tailles, de toutes provenances… et de toutes qualités. Devant la déferlante, la première démarche est d’adopter une politique générale. D’autant qu’avec le passage de l’OTC devant le comptoir, l’information au patient va devenir un passage obligé de la délivrance : la valeur ajoutée de l’officinal, c’est le conseil. Il faut discerner ce qui relève de l’individuel et du collectif. Si une brochure sur les antivitamines K a vocation à être distribuée mano a mano étant donné l’importance du conseil dans cette situation thérapeutique, en revanche, une documentation du PNNS (Plan national nutrition santé) sur l’hygiène de vie ou une information plus généraliste sur une pathologie pourra être plus largement distribuée aux patients. Pour ce faire, il existe plusieurs moyens. « Sur www.brochures-patients.com, nous fournissons majoritairement aux pharmaciens et aux médecins pour les deux tiers. Le tiers restant concerne les autres professionnels de santé », témoigne Jérôme Biotteau, directeur général d’IDS France.

Le poids des mots…


Cette société s’est spécialisée dans la distribution aux professionnels de santé de brochures d’information et représente un peu la solution de facilité pour les pharmaciens : une borne est mise à disposition dans l’officine (voir photo) et est réassortie par la société tous les trois mois. Le tout gratuitement. Il suffit d’avoir un espace de vente suffisamment grand pour accueillir ce « relais patients ». « Notre présentoir est disposé dans plus de 1 000 pharmacies, surtout des grosses officines, nous avons 70 délégués qui effectuent le réassort à raison de 2500brochures par trimestre », vante le dirigeant. A l’inverse, Patrick Wierre, qui codirige le diplôme « Qualité à l’officine » de l’université de Lille, a adopté une politique plus drastique : « Je suis contre la mise à disposition systématique de brochures en accès direct pour les patients. Les enfants en prennent à pleines mains et on les retrouve sur le trottoir .» La solution, simple et finalement peu encombrante, est la suivante : « Nous avons dans la pharmacie une étagère uniquement à disposition du personnel, qui peut ainsi choisir pour chaque patient la brochure à lui délivrer. Il faut coupler cela à des actions de prévention spécifiques : nous avons fait par exemple un mois sur le pied diabétique. Réaliser cette campagne en temps limité, cela nous permet de voir une fois chaque patient concerné et d’éviter de leur remettre X fois la même information. » Reste à sélectionner l’info patient… Entre les brochures produites par les laboratoires, les groupements, les associations de patients, les grossistes ou même les instances gouvernementales, les pharmacies sont submergées : difficile de trier le bon grain de l’ivraie.

Question de thèmes

On peut évidemment faire toute confiance au Cespharm(1), émanation directe de l’Ordre, qui a fourni en 2007 près de 1,4 million de brochures aux pharmaciens. Les thèmes les plus courus sont les pathologies – asthme, diabète… – dans 22% des cas, suivis par la cardiologie, les dépendances de tous types (tabac, alcool… 15%) puis ce qui concerne la femme (ménopause, contraception : 11 %). Enfin voyages et nutrition pour environ 10 %. Voilà de quoi orienter votre choix. Passés ces incon-tournables, tout est possible, en fonction de la formation de votre personnel ou de la typologie de la clientèle. Il faudra juste être attentif à la qualité. « La tribune qu’offre le comptoir des pharmacies attire beaucoup de monde : il nous est par exemple arrivé de refuser de l’information provenant de Mac Donald’s même s’ils estiment être légitimes à diffuser des brochures en pharmacie », témoigne Jérôme Biotteau. La sélection doit se faire selon certains critères (voir encadré cicontre). «Même si on ne peut pas tout lire, il faut au moins s’attarder sur leur provenance : certaines brochures peuvent aller directement à la poubelle », conseille Patrick Wierre. Dernier conseil pour la route, la documentation ne sera lue par le patient que si le pharmacien l’a accompagnée de quelques minutes d’entretien individuel autour du traitement, des facteurs de risque ou d’éventuels effets secondaires. Sinon les quatre ou huit pages de papier glacé risque fort d’aller garnir le fond de sa corbeille.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina

(1) Comité d’éducation sanitaire et sociale de la pharmacie française, il est le pourvoyeur officiel de l’information santé en officine. Le Cespharm et Ordre mettront en ligne d’ici fin 2008 un site sur l’éducation à la santé.
COMMENT FAIRE  LE TRI
Vous serez certainement amenés à juger de la qualité d’un document pour le mettre ou non à disposition de vos patients, encore faut-il disposer de quelques critères simples de sélection. Selon la Haute autorité de santé, il est important que l’information soit :
–    hiérarchisée, repose sur des données validées, et pour les traitements, présente les bénéfices attendus des soins envisagés avant l’énoncé des inconvénients et des risques éventuels. Elle doit préciser les risques graves, y compris exceptionnels. Elle doit indiquer les moyens qui seront mis en oeuvre pour faire face aux complications éventuelles, ainsi que les signes d’alerte détectables par le patient ;
–    synthétique et claire, sachant que le document remis au patient ne devrait généralement pas excéder quatre pages ;
–    compréhensible pour le plus grand nombre de patients, ce qui implique de soumettre pour avis les projets de documents à des patients, notamment par l’intermédiaire de leurs associations, voire même de les faire participer à leur élaboration. Il s’agit de s’assurer que les informations sont comprises, sinon de les modifier en conséquence ;
–    validée, par exemple par les sociétés savantes, selon des critères de qualité reconnus. Les documents écrits doivent porter l’indication que le patient est invité à formuler toute question qu’il souhaite poser. (…) Elles doivent comporter la méthode d’élaboration – en particulier la méthode utilisée pour apprécier la compréhension par les non-médecins des documents rédigés – et le contenu scientifique des documents d’information [ainsi que] la possibilité d’identifier les rédacteurs de l’information (sociétés savantes, établissement, service, etc.) et la date à laquelle celle-ci a été établie.
(Source : HAS)


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EN PRATIQUE
–    Ménager une étagère en « back office » avec les brochures classées par pathologies. Elles seront délivrées aux patients au cas par cas.
–    Le cas échéant, un présentoir devant le comptoir ne doit comporter que des informations plus générales (hygiène de vie, tabagisme, alimentation…).
–    Toute délivrance d’une brochure s’accompagne d’un conseil personnalisé sur l’utilisation du traitement.
–    Valider a priori sur des critères qualité précis toutes les brochures disponibles devant ou derrière le comptoir.


LE TOP 5 DES BROCHURES
1 - Prévenir l'excès de cholestérol (Assureurs Prévention Santé)  
2 -Autosurveillance de la glycémie pour les diabétiques de type 2 (Ed. Roche Diagnostics)
3 - L'asthme sévère : comment le maîtriser pour mener une vie plus normale ? (Association Asthme et Allergie)
4 – Diabète et voyage (Ed. Roche Diagnostics)
5 - Diabète de type 2 (Ed. Roche Diagnostics)
Brochures les plus commandées sur www.brochures–patients.com