n°1212 juillet-aout 2009
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Actualité En couv' FSPF : « Ce que nous voulons »
Les temps changent, et la profession avec. Que faire des promesses de la loi HPST ? Comment concilier l’indépendance du réseau et sa nécessaire adaptation ? Comment adapter le fonctionnement économique des officines aux nouvelles missions qui pourront lui être confiées ? Voici les réponses de la FSPF.
Aucun doute : la période qui s’ouvre sera déterminante pour la profession. Rassurés par le verdict de la Cour de justice européenne, qui a éteint toute velléité d’ouverture du capital des officines en France, confortés par la loi HPST, qui leur offre enfin d’ambitieuses perspectives d’avenir, les pharmaciens sont maintenant à l’heure des choix. D’abord parce que le monde autour d’eux va changer : le projet de loi HPST, après un interminable, chaotique et douloureux examen parlementaire, a finalement été adopté. Il porte en germe d’énormes modifications du paysage de la santé et de ses modes de gouvernance. Il contient aussi de grands espoirs d’évolution pour la pharmacie d’officine, qui peut prétendre prendre sa place dans la coordination des soins et dans le suivi personnalisé de certains patients. Comment et à quel prix ? C’est de front, et non séparément, que ces deux questions doivent être appréhendées. Et puis se pose, encore et toujours, la question du capital. La décision de la Cour de justice des communautés européennes, bien qu’attendue, a été la divine nouvelle du printemps : elle laisse aux Etats le soin de déterminer librement la manière dont ils entendent réglementer le capital des officines, affirmant à cette occasion que l’indépendance du pharmacien garantit la meilleure qualité de service qui soit. Cela posé, encore faut-il s’entendre, entre Français, et si possible entre pharmaciens, sur le meilleur moyen de résoudre les problématiques structurelles, juridiques, financières, organisationnelles des officines. Comment permettre l’accès des jeunes et des adjoints au titulariat ? Comment permettre au réseau de se renforcer et de répondre aux nouvelles attentes des patients et de la collectivité ? En la matière, les solutions ne manquent pas. Mais certaines bousculent les conceptions traditionnelles de l’officine à la française, à l’instar du controversé projet de succursales défendu par le Collectif des groupements. Enfin se pose la question des conventions que les pharmaciens seront amenés à nouer avec les organismes de prise en charge, qu’ils soient obligatoires ou complémentaires. Deux logiques s’affrontent ici : ou bien on s’autorise à nouer des conventions particulières avec telle ou telle mutuelle, ou plate forme de mutuelles (de type SantéClair) pour permettre à certains pharmaciens d’offrir à certaines catégories de patients (les adhérents de ces mutuelles) des services particuliers ; ou bien on privilégie des conventions nationales, avec des contreparties dûment négociées, juridiquement sécurisées, et qui, en n’excluant aucun pharmacien, ne suscitent aucune concurrence déloyale et n’écartent aucun assuré. Dans ce débat entre déontologie et concurrence, les pharmaciens cherchent leur voie. Autant d’enjeux, autant de choix sur lesquels la FSPF a décidé de s’expliquer. Ce sont les axes forts de son projet syndical que vous découvrirez dans ce dossier spécial. Il devrait peser dans les débats à venir.

Laurent Gainza
Photo DR
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