n°1212 juillet-aout 2009
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Pratique Informatique Ma pharmacie virtuelle
Pourquoi et comment mettre en ligne le site web de son officine ? Quel contenu proposer ? Y a-t-il un réel intérêt, pour soi et pour les clients ? Quelques astuces et témoignages. 

Un client de l’officine sur quatre recherches des conseils et de l’information santé sur les sites internet. Des sites pas toujours fiables, qui émanent peu fréquemment du monde de la pharmacie. Et si vous mettiez en ligne votre propre site, celui de votre officine ? Vous pourriez apporter les conseils d’un vrai professionnel, vous positionner comme l’interlocuteur de référence en matière de santé et de médicaments. Vous pourriez aussi proposer divers services aux clients. Entre autres. Contenu à proposer, intérêt et retombées d’une telle démarche, travail que cela exige... Quelques pharmaciens ayant déjà leur site sur la toile reviennent sur les avantages et les inconvénients d’avoir sa pharmacie en mode virtuel.

Prolongement de l’officine

Jean-Pierre Roy a mis en ligne le site de son officine dès 1999. A cette époque, très peu de pharmacies étaient présentes sur le web. « Faisant partie d’un groupement, mon premier objectif était de présenter celui-ci sur le site de mon officine. Par la suite, je me suis pris au jeu et j’ai créé trois cents pages environ d’informations, de conseils pratiques, de tests santé, etc. » Il n’oublie pas d’annoncer les pharmacies de garde de la commune et propose des liens avec des sites incontournables (banques de données, prévention...). Plus de 3 000 internautes le visitent quotidiennement. Après avoir lancé ce site « éthique », ce passionné du web n’avait pas envie d’en rester là : il a donné naissance à un site commercial. Un site sur lequel on trouve en vente tout ce qui concerne la parapharmacie et les plantes, des accessoires, des compléments alimentaires et des produits de diététique. «Mais attention, ce n’est pas un site de vente par correspondance comme les autres, car lorsqu’un client passe commande, il y a entre nous un échange de courriels avant de valider la commande. Le site est avant tout le « La commande en ligne est un confort pour certains clients » prolongement de l’officine sur le web ! », prévient Jean-Pierre. Plus de 2 000 visites sont enregistrées chaque jour. Pour autant, ce site commercial apporte-t-il réellement un « plus » à la pharmacie en termes de rentabilité ? « Pas vraiment », répond Bernard Dupond, le nouveau propriétaire de l’officine pour qui Jean-Pierre continue de développer et mettre à jour les sites. « A cause de la concurrence et des frais de port, nous ne pouvons pas pratiquer les mêmes prix qu’à l’officine. Il y a de plus tout le travail d’entrée des prix, de réception des commandes, d’empaquetage, de livraison... ». Pour Jean- Pierre et Bernard, l’objectif n’est cependant pas de gagner de l’argent. L’intérêt est ailleurs. « La commande en ligne est un confort pour certains clients, qui trouvent également sur le site des renseignements sur l’officine et des conseils pratiques personnalisés, compréhensibles par tous. Ils peuvent également nous poser des questions et trouver ici un espace de confidentialité. L’intérêt d’un site est qu’il donne de la visibilité à l’officine, créé de la proximité, permet de prolonger la relation avec les clients », affirme Bernard.

Une activité chronophage

Autre expérience, autre point de vue. Enseignant et préparateur, Nicolas Le Quellec, a eu l’idée de mettre en ligne, il y a six mois, en lien avec l’officine de sa femme et de son associée – notoirement connue pour son rayon de plantes médicinales –, un site de commandes et d’information sur les plantes bonnes pour la santé. « L’herboristerie est une niche mais elle intéresse de plus en plus les internautes attirés par tout ce qui est bio. Cela fait six mois que l’on a mis le site en ligne et nous avons déjà des commandes. Par rapport à la parapharmacie, la mise en vente de plantes médicinales sur le net est beaucoup plus rentable », indique Nicolas Le Quellec. La boutique en ligne propose également des huiles essentielles, des conseils. Chaque plante est présentée avec ses vertus thérapeutiques, ses principes actifs, ses précautions d’emploi. Le site donne, en outre, accès à des articles sur divers thèmes santé (médication familiale, diététique, sécurité alimentaire...), des guides pratiques (en lien avec e-sante.fr), une rubrique automédication (avec renvoi sur le Vidal grand public), etc. Une rubrique « les conseils de votre pharmaciens » apporte une touche personnelle. « En fait, les retombées commerciales sont surtout dues aux ventes à l’officine. Depuis que nous avons mis le site en ligne, celles-ci ont doublé sur certaines catégories de produits. L’intérêt du site est qu’il permet de faire connaître l’existence de la pharmacie, de nos produits et de nos spécialités, de mettre en avant nos compétences », précise ce préparateur, pour qui le respect de la déontologie, le conseil et le sérieux du professionnel de santé sont les points essentiels à faire ressortir sur un site officinal. Le suivi d’un site demande d’y consacrer au moins une demi-heure chaque jourSi, comme Jean-Pierre, certains se lancent seuls dans la conception du site de leur officine, d’autres font appel à des prestataires. Ainsi, pour l’accompagner dans la mise en place de son projet, Nicolas a utilisé les services de Pharmattitude, une solution développée par la société Pharmagest Interactive. « Avec Pharmattitude, les pharmaciens peuvent mettre en forme, de manière très simple, le site de leur pharmacie. Outre l’hébergement, nous leur fournissons les outils afin qu’ils puissent apporter, selon leur choix, un contenu personnalisé et différents services à leurs clients », explique Jérôme Lapray, responsable marketing direct de Pharmagest. Concrètement, le pharmacien, après avoir choisi le modèle et l’habillage du site, personnalise son contenu avec les coordonnées de la pharmacie, la présentation de l’équipe, des photos, ses propres rubriques, etc. Une messagerie est également disponible pour les clients. Afin d’être à l’aise avec l’outil, Nicolas a suivi une formation courte. Visibilité, proximité, rentabilité... Les avantages d’un site web officinal peuvent être divers et variés, en fonction des objectifs et priorités du pharmacien. Cependant, ces sites ont tous un point commun : le travail nécessaire pour les faire vivre est important. « La création d’une page d’information “éthique’’ peut me prendre jusqu’à 24 heures de travail. Il faut chercher l’information, comparer les différentes sources, rédiger le texte, etc. Un site commercial est beaucoup moins chronophage », commente Jean-Pierre Roy. Pour Nicolas Le Quellec, « constituer des fiches pour chaque produit ou plante représente un énorme travail car cela nécessite de rédiger, de mettre en ligne les photos, parfois de les prendre soi-même... Plus généralement, le suivi d’un site demande d’y consacrer au moins une demi-heure chaque jour : pour mettre à jour les informations, faire évoluer les prix, voir s’il y a des commandes, répondre aux messages, etc. » En plus du travail au comptoir, il faut donc pouvoir dégager du temps. Un temps que seuls les vrais convaincus de l’intérêt d’une pharmacie virtuelle et les passionnés du web n’hésiteront pas à prendre !

Claire Grevot 
Photo Miguel Medina

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Visibilité, proximité, rentabilité... Les avantages d’un site web officinal peuvent être divers et variés, en fonction des objectifs et priorités du pharmacien. 

AVANT LA MISE EN LIGNE 
- Acheter l’URL (adresse du site internet), pour la durée souhaitée
- Déclarer le site à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’il s’agit d’un site marchand (www.cnil.fr
- Passer contrat avec un hébergeur 
- Référencer le site (sur Google et autres moteurs de recherche et annuaires). Il existe des sociétés spécialisées dans le référencement qui permettent d’optimiser la visibilité du site sur le web.