n°1212 juillet-aout 2009
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Santé Pneumologie "Mon enfant est asthmatique"
Accompagner l’enfant asthmatique dans son traitement nécessite de bien connaître les produits utilisés et de maîtriser soi-même les systèmes et techniques d’administration.

Chez les enfants asthmatiques, un traitement médicamenteux adapté limite le plus souvent l’évolution de la maladie vers les formes les plus graves. Crucial, votre rôle à l’officine est de conseiller, guider et accompagner au plus près les patients malgré la complexité de leur prise en charge.

Médicaments : repères et conseils

■ Chez l’enfant, la crise d’asthme est traitée par les bronchodilatateurs à courte durée d’action (Bêta2-mimétiques : salbutamol, terbutaline) et par des corticoïdes par voie orale. • Salbutamol et Terbutaline : du fait de leur action rapide, il faut apprendre à l’enfant à les utiliser dès l’apparition des symptômes. Il doit systématiquement en avoir avec lui.
■ Les produits inhalés
– corticoïdes (budésonide, béclométasone, fluticasone) et bronchodilatateurs d’action prolongée (Bêta2-mimétiques : salmétérol, formotérol)
– constituent la grande majorité des traitements de fond. Les seconds ne sont employés qu’à partir de 4 ans. Les antileucotriènes (sous forme de comprimés à croquer, à prendre une fois par jour à distance des repas) peuvent également être utilisés, à partir de 6 ans. • Salmétérol et formotérol : ils sont utilisés en complément d’un traitement corticoïde inhalé, pour prévenir l’asthme durant la journée pendant la période scolaire, lors des séances de sport, par exemple, ou l’asthme nocturne. Leur durée d’action est de 12 heures.

Inhalateurs : avantages/inconvénients

■ L’aérosol doseur ou spray classique est le plus utilisé des systèmes. Inconvénient : les enfants n’arrivent pas toujours à l’utiliser efficacement car il nécessite une coordination main/poumons difficile à obtenir et ils peuvent laisser échapper le médicament par le haut. On pallie ces difficultés en couplant le spray à une chambre d’inhalation qui permet de recevoir le médicament sans effort (ex : salbutamol administré en aérosoldoseur dans une chambre d’inhalation à 100 μg par bouffée). La chambre est en effet le système le plus adapté chez l’enfant jusqu’à l’âge de 6-8 ans. Son maniement doit régulièrement être expliqué aux parents (voir Fiche patho en p. 37).
■ L’inhalation avec un Autohaler déclenche automatiquement la libération d’une bouffée de médicament au moment de l’inspiration, ce qui permet de surmonter les difficultés de coordination chez les jeunes enfants.
• Autohalers disponibles : Prolair (béclométasone) pour l’anti-inflammatoire et Airomir (salbutamol) pour le bronchodilatateur.
• Conseils pratiques : secouer le spray tête en bas, expirer profondément. Le déclenchement se fait en début d’inspiration. Inspirer lentement et profondément puis maintenir une apnée de 5 à 10 secondes.
■ L’inhalateur de poudre (Turbuhaler, Diskhaler, Diskus, Novolizer, Easyhaler, Clickhaler), qui nécessite un effort respiratoire difficile à obtenir en cas de gêne respiratoire lors d’une crise sévère, n’est utilisable qu’à partir de six ans. • Turbuhaler permet l’inhalation d’un bronchodilatateur d’action rapide (terbutaline) ou d’un corticoïde inhalé (budésonide) ; Diskhaler peut contenir du Salbutamol (Ventodisks) ou du Salmétérol (Sérévent). •Conseils pratiques: maintenir le Turbuhaler verticalement et le Diskus horizontalement, expirer profondément hors de l’appareil, placer l’embout en bouche après expiration, inspirer rapidement et profondément, maintenir une apnée de 10 secondes, expirer lentement en dehors de l’appareil.

Claire Grevot 
Photo Miguel Medina

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La chambre d'inhalation est utilisable, selon les modèles, chez les nourrissons ou les enfants pour faciliter la prise du traitement.
À SAVOIR
■ L’exposition au tabac est formellement déconseillée : une aide au sevrage tabagique doit être proposée à l’entourage de l’enfant.
■ Chez l’enfant de moins de 36 mois asthmatique sensibilisé, il est recommandé de réduire l’exposition aux allergènes identifiés et d’éviter l’exposition aux moisissures visibles.
■ La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chez l’enfant asthmatique. S’il a moins de 6 mois, c’est tout l’entourage qui doit être vacciné.
■ Le traitement systématique d’un reflux gastro-oesophagien n’est pas recommandé en l’absence de symptôme digestif évocateur.  La chambre d’inhalation est utilisable, selon les modèles, chez les nourrissons ou les enfants pour faciliter la prise du traitement.