n°1212 juillet-aout 2009
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Santé VIH Vers la fin du « tout préservatif »
Les antirétroviraux réduisent-ils le risque de transmission du VIH ? La question est posée, alors que le Conseil national du sida appelle à une vision élargie de la prévention.
Pour une fois, un débat est venu de Suisse. En publiant, début 2008, un avis selon lequel les séropositifs bien équilibrés sous traitement antirétroviral ne sont pas susceptibles de transmettre le virus sexuellement, un organisme helvète1 a ouvert une controverse planétaire. Quinze mois plus tard, ce fut au tour du Conseil national du sida2 (CNS) hexagonal de se prononcer pour cette conception totalement nouvelle. L’avis du CNS ouvre de nouvelles perspectives et prône un nouveau modèle de prévention misant « sur un renforcement de la connaissance pour augmenter la capacité des individus à se protéger et à protéger autrui ». Le postulat de départ est le suivant : les antirétroviraux diminuent le risque de transmission du virus. La preuve : « Le traitement est utilisé depuis 1994 dans la prévention de la transmission de la mère à l’enfant », de même qu’il l’est pour éviter la transmission après un risque d’exposition. Reste à jauger les tenants et les aboutissants de cette nouvelle donne. Le CNS insiste sur la nécessité d’accroître l’accès précoce au dépistage : « Tout retard est à la fois une perte de chance individuelle et collective ».

Capote : pas de relâche !


Mais que les choses soient claires : si les antirétroviraux sont susceptibles de réduire le risque à grande échelle, un « risque résiduel » subsiste au niveau individuel. Où se situe la véritable avancée, alors ? Dans le fait que le traitement est pour la première fois envisagé comme moyen de rendre le séropositif « non transmetteur », indépendamment de ses choix « dans les situations à risque de transmission ». Le CNS souligne bien que « le traitement ne remplace pas l’usage du préservatif », d’où la nécessité de les combiner. « Le préservatif systématiquement et correctement utilisé réduit le risque de transmission du VIH de 90 à 95 % ». De même qu’avec les antirétroviraux, le « risque zéro » n’existe pas, mais l’usage d’un seul de ces moyens est toujours préférable à l’absence de protection. Tout cela risque d’être long à expliquer à la population : la Direction générale de la santé (DGS) a d’ailleurs souhaité rappeler que « seul le préservatif, masculin ou féminin, préserve de l’ensemble des IST ». A bon entendeur… Reste que l’avis du CNS va nourrir les travaux du groupe d’experts de la DGS chargé de produire des recommandations sur la stratégie pour le prochain programme de lutte contre les IST. Rendez-vous en fin d’année.

Fanny Rey  
Photo Miguel Medina
 
1. Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida, avis consultable sur www.saez.ch. Aller dans les archives, puis cliquer sur le numéro 5 de l’année 2008.
2. Le CNS a pour mission de donner son avis sur l’ensemble des problèmes posés à la société par le sida et de faire au gouvernement toutes propositions utiles. Pour consulter l’intégralité de son avis : www.cns.sante.fr/spip.php?article294

 

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L'avis du CNS part du constat d'une désaffection croissante pour le préservatif.
« SORTEZ COUVERTS ! », DU SLOGAN AU DISPOSITIF
Les Français utilisent aujourd’hui 30 millions de préservatifs de moins qu’il y a dix ans... Un constat qui a amené Christophe Dechavanne à faire de son célèbre slogan « Sortez couverts ! » un dispositif pour permettre l’accès à tous à des préservatifs à moindre coût. Objectif : + 12 millions d’unités par an, pour que la France ne soit plus la mauvaise élève de l’Europe. Toutes les pharmacies peuvent depuis le 22 juin s’approvisionner en « boîtes de 12 » estampillées « Sortez couverts ! » à 2 euros et en préservatifs à l’unité à 0,20 centimes d’euro. Sur chaque boîte vendue, 10 centimes seront reversés à l’association Croix verte et ruban rouge, qui offrira gratuitement des distributeurs automatiques aux établissements scolaires demandeurs. Pour en savoir plus : www.polidis.org