n°1181 juin 2006
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Santé Cancer Chirac a un plan
Fin de règne difficile pour le chef de l’Etat. Mais la postérité retiendra sûrement ses bons résultats en matière de santé publique.
Le plan Cancer a trois ans et l’Institut national du cancer (Inca) fête son premier anniversaire. Avant la fin de règne électorale, c’est déjà l’heure du bilan pour l’un des trois grands chantiers de santé publique – avec le handicap et la prévention routière – du quinquennat chiraquien. Et selon nombre d’observateurs, il est plutôt bon. Les atermoiements quant à l’interdiction de fumer dans les lieux publics – la décision est pour l’instant repoussée sine die pour cause de remous gouvernementaux – ne suffiront pas à en ternir les résultats. Les autorités sanitaires ont fait feu de tous bois. C’est Jacques Chirac qui a lui-même soufflé les bougies à l’Elysée, le 27 avril dernier : « Les résultats sont là. Dans tous les domaines de la lutte contre le cancer nous avons marqué des points. » Tous les domaines, ce sont respectivement les addictions (tabac, alcool, cannabis), le dépistage et les soins. Pour ce qui est de la prévention, l’Inpes surveille de près les Français, les bombardant de campagnes de prévention : alcool, soleil, tabac... Le dépistage du cancer du sein est devenu systématique et gratuit, et celui des cancers du colon ou du rectum le sera à compter de 2007. Quant au dépistage du cancer de la prostate, il pourrait être systématisé dès l’année prochaine.

Pour la bonne cause

Dans cette optique, les dépenses de médicaments d’Assurance maladie ont été recentrées sur les médicaments innovants, ce qui a été le leitmotiv de Xavier Bertrand pour faire passer la pilule des récentes économies obtenues à coup de baisses de prix et de déremboursements. Un milliard d’euros de recettes fiscales provenant du tabac ont également été transférés à la Sécu en 2005. Les anticancéreux sont au premier rang de ces thérapeutiques onéreuses. Mais aussi les implants capillaires ou mammaires, dont certains modèles viennent d’accéder au remboursement. « Tous les patients, pris en charge dans le secteur public ou le secteur privé, reçoivent les médicaments les plus innovants et adaptés, quel que soit leur prix », est-il affirmé dans Ce qui a changé, la brochure officielle de l’Inca. Parallèlement, l’Assurance maladie a dépensé 50 millions d’euros pour l’hospitalisation à domicile en 2005. Même si les pharmaciens d’officine sont les oubliés de ce Plan cancer – aucune de ses 70 mesures ne les concerne directement – ses conséquences se feront néanmoins sentir sur l’exercice. Les sorties de réserve hospitalière d’anti-cancéreux et leur rôle assumé d’éducateurs de santé publique en témoignent chaque jour.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina
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