n°1181 juin 2006
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Santé Publicité Cosm'éthiques
La publicité pour les cosmétiques se dote d’une charte éthique. Au programme : clarté, véracité, objectivité et loyauté.
Lespèce du pseudo scientifique à la sauce publicitaire est-elle menacée ? Sourire lénifiant, blouse éclatante et laboratoire aux faux airs de cuisine-témoin, ce succédané de chercheur est le porte-drapeau de la confusion des genres entre science et réclame. Avec parfois quelques abus. Pour y remédier, la Fipar (Fédération des industries de la parfumerie), s’est dotée d’un guide de bonne conduite. Elle a pour cela fait appel au Bureau de vérification de la publicité (BVP) et, en concertation avec les associations de consommateurs, les deux organismes ont émis de nouvelles recommandations. « Il y a une tradition d’autodiscipline dans la pub en France », témoigne le directeur général du BVP, Joel Besnainou. Peutêtre amélioreront-elles une communication entachée d’irrégularités : « le secteur des cosmétiques est encore aujourd’hui un des domaines le plus sujet (...) aux promesses de miracles et à l’insuffisance d’informations », prévient l’Institut national de la consommation. «Nous contrôlons toujours a priori toutes les publicités télévisées, c’est obligatoire. En revanche, pour les affichages et la presse écrite, c’est au bon vouloir de l’annonceur », concède-t-il.

Couche de vernis

Certaines indications ont fait l’objet d’une attention particulière : « toute revendication relative à la prévention ou au traitement de la cellulite est proscrite : l’action ne doit porter que sur les signes, effets ou aspects de la cellulite ». De même, les « allégations relatives à la performance des produits anti-rides ne doivent porter que sur les signes ou effets du vieillissement, à l’exclusion de toute revendication sur le processus du vieillissement ». Nuance. Côté dictionnaire, le terme « nouveau » ne devra être employé que lorsque le produit l’est vraiment. C’est-à-dire dans un délai d’un an. Et le « naturel » ne le sera vraiment que pour les produits qui ne contiennent aucun produit de synthèse, à l’exception des conservateurs, parfums et propulseurs. Plus fin, « l’emploi du mot rajeunir, ou de ses dérivés, n’est acceptable que pour exprimer une apparence de plus grande jeunesse (...) toute référence à une notion de rajeunissement au sens physiologique du terme, est proscrite. » Et à force de se gratter la tête, les deux parties sont arrivées à décider que les termes « calvitie » ou « stoppe la chute des cheveux » seraient dorénavant interdits. Le scientifique de pub, lui, peut respirer car « la recommandation directe d’un produit n’est pas acceptée... sauf si elle émane d’un professionnel lié à l’entreprise promouvant le produit ». Ouf.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina
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