n°1181 juin 2006
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Actualité Recyclage Cyclamed se cherche

Suite au comportement délictueux d’une minorité de pharmaciens, la barque Cyclamed n’en finit plus de tanguer.  
Où va Cyclamed ? Affaiblie par le scandale des détournements opérés par une poignée de pharmaciens véreux, éreintée par un rapport accablant de l’Inspection générale des affaires sociales, l’association se cherche aujourd’hui un avenir. Le Leem vient en effet d’annoncer qu’il avait abouti, au terme de ses négociations avec l’organisme de collecte Adelphe (Eco Emballages), à résoudre la question du respect par l’industrie pharmaceutique de ses obligations environnementales. Selon cet accord, les laboratoires pharmaceutiques verseront à ce dernier une contribution relative au traitement de ces déchets, en lieu et place de la contribution traditionnellement versée à Cyclamed. Toutefois, cette dernière devrait perdurer en parallèle, à condition que le ministère de l’écologie renouvelle son approbation à l’association. Dans cette hypothèse, Adelphe reversera à Cyclamed le montant correspondant aux déchets collectés par le biais des officines (soit 13 % des déchets pour 2006-2007). Le temps de voir venir, certes, mais venir quoi ? Un décret, actuellement en préparation au ministère de la Santé, doit redéfinir le cadre réglementaire de l’activité de mission publique de Cyclamed.

« Finalité humanitaire insoutenable »


C’est dans ce contexte que l’Ordre des pharmaciens est venu rappeler – on ne peut plus fermement – sa position. « La finalité humanitaire affichée par Cyclamed n’est plus soutenable, quels que soient la bonne volonté et, pour certains, la compétence, des personnes qui se consacrent au recyclage de médicaments non utilisés (MNU) », estime-t-il dans un communiqué du 18 mai. Et d’ajouter que « les déviances et les effets pervers locaux des envois de médicaments sont dénoncés par un nombre croissant d’organismes spécialisés et d’autorités compétentes. Le bilan dressé par les associations humanitaires à l’issue des interventions qui ont suivi le tsunami indonésien de décembre 2004 en est l’illustration parfaite ». Dans un film réalisé par Pharmaciens sans frontières – Comité international, on découvre en effet l’ampleur de ce que les Indonésiens appellent « le second tsunami », pour désigner le chaos généré par les tonnes de médicaments inappropriés déversés sur la province d’Aceh après la catastrophe du 26 décembre 2004. L’Ordre, qui déplore n’avoir pas été informé des projets du Leem, assène que « la France ne peut maintenir un système de recyclage de ses MNU malgré les positions contraires des organisations internationales compétentes, notamment l’OMS, des plus grandes ONG, les alarmes des autorités et des praticiens des pays receveurs, et après l’abandon de ce système par les derniers pays de l’Union Européenne qui le pratiquaient encore il y a peu ». Le Cnop réitère donc ses recommandations, et demande à tous les pharmaciens d’officine de n’accepter que les retours de MNU sans leurs emballages.

Laurent Gainza
Photo Miguel Medina
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