n°1181 juin 2006
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Santé Transplantation Des greffes pour sauver des vies
Impliqué dans le suivi des greffés, le pharmacien est aussi un interlocuteur naturel du grand public pour l’information sur le don d’organes.
En 2005, près de 12 000 malades ont eu besoin d’une greffe d’organes et seuls 4 238 ont été greffés. Qu’il s’agisse de dispenser les médicaments immunosuppresseurs ou d’informer le public sur le don d’organes, le pharmacien est de plus en plus impliqué dans la chaîne de la greffe. Pour manifester l’engagement de la profession, l’Ordre s’est engagé aux côtés de l’Agence de la biomédecine pour la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, qui aura lieu le 22 juin.

Suivi à vie

Depuis 2000, le nombre de greffes d’organes a augmenté de 32 %. Parallèlement, les personnes greffées vivent de plus en plus longtemps et leur qualité de vie ne cesse de s’améliorer. Ces progrès sont cependant indissociables d’une vigilance de tous les instants et d’un suivi à vie dans lequel s’inscrit le pharmacien. Comme le souligne Jean Parrot, président de l’Ordre, « la sortie de la réserve hospitalière a renforcé notre responsabilité dans le domaine de la greffe. Chargés de la dispensation des immunosuppresseurs, nous avons vu notre mission d’engagement auprès des personnes greffées prendre une nouvelle dimension ». Une vaste dimension puisque le pharmacien doit veiller au respect des protocoles (prise en charge des différents médicaments, observance, effets indésirables, contre-indications, interactions), à l’adoption d’une hygiène de vie (alimentation...), enfin, à l’orientation des patient en cas d’infection opportuniste ou de symptôme inhabituel. Sans compter l’aide apportée aux familles, l’écoute, le réconfort...

Consentement présumé

Si les greffés sont de plus en plus nombreux, le nombre de personnes inscrites en liste d’attente continue, lui aussi, de croître (+ 4 % en 2005). Conséquence : la pénurie de greffons persiste et certains malades décèdent faute d’avoir pu être greffés à temps. En France, il faut savoir qu’il n’existe pas de registre recensant les personnes en faveur du don post mortem de leurs organes. Ce serait contraire à la loi qui considère, selon le principe du consentement présumé, que toute personne est un donneur potentiel. Cependant, les dispositions légales imposent que la famille soit interrogée pour confirmer que le défunt n’était pas opposé au don. Or, lorsque cette dernière ne connaît pas la position du défunt, elle peut hésiter et parfois s’opposer. Pour contribuer à faire progresser la greffe, il est donc nécessaire que chacun prenne position pour ou contre le don de ses organes en cas de décès brutal et transmette sa position à ses proches. C’est dans ce but que sera lancée, à l’occasion de la Journée nationale du 22 juin, une campagne de communication sur le don d’organes et la greffe (voir encadré). « Parler du don avec les clients si ces derniers les sollicitent fait aussi partie de la mission des pharmaciens qui va bien audelà de la délivrance des immunosuppresseurs », insiste Carine Camby, directrice générale de l’Agence de la biomédecine. « Il est très important que nous nous engagions dans cette campagne pour faire face à ces malades en attente de greffe, autrement dit en attente d’une solution leur permettant de ne plus vivre de façon diminuée », conclut Jean Parrot.

Claire Grevot
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Partenariat agence de la biomédecine – ordre
■ mise à disposition de guides d’information dans les pharmacies et les laboratoires d’analyses médicales,
■ affiche incitant à demander des informations et des conseils dans la pharmacie ou le laboratoire,
■ diffusion, via la lettre des Nouvelles pharmaceutiques, d’une fiche technique du Comité d’éducation sanitaire et sociale de la pharmacie française (Cespharm) sur le don d’organes, l’immunologie et la vie après la greffe.