n°1191
juin 2007
Actualité
Concurrence
Affichez les prix !
Une enquête de la DGCCRF analyse les mœurs des pharmaciens en termes d’affichage des prix pour les médicaments non remboursables.
Peut mieux faire. C’est en substance la conclusion de l’enquête de la DGCCRF sur l’affichage des prix en pharmacie. Rendue obligatoire pour les médicaments non remboursables depuis l’arrêté du 26 mars 2003, la contrainte n’a pas encore été bien assimilée par les officinaux, même si il y a une nette amélioration par rapport à 2004 et 2005. Les enquêteurs se sont penchés sur 1 114 officines dans 45 départements et en tirent plusieurs conclusions : « Des manquements à l’arrêté ont été constatés dans une grande majorité des pharmacies », ce qui « semble encore résulter du défaut d’information de la profession sur les nouvelles obligations ». Pas moins de 638 officines, soit 55 % du panel, ont révélé des manquements au règlement. C’est beaucoup, mais relativement moins qu’en 2005, où près des trois-quarts avaient été épinglées. Comme souvent, il y a les bons et les mauvais élèves. Parmi ces derniers, près de la moitié des pharmacies ne possédaient pas le catalogue des prix du non remboursables à prescription obligatoire. Et même parmi celles qui en avaient un à disposition, il n’était pas toujours consultable par les clients, comme la loi le prévoit.
Encore un effort
Au tableau d’honneur, on peut remarquer que dans 78% des cas, la réactualisation du catalogue est mensuelle. La « lourdeur » du dispositif et « le fait que les consommateurs ne consultent pas le catalogue » expliquerait la réticence des officinaux. Autre pomme de discorde : l’affichette censée avertir la clientèle que les prix des médicaments non remboursables sont libres n’est présente que chez 43 % des « sondés », au grand dam de la DGCCRF. Mais tout n’est pas noir : les inspecteurs décernent un satisfecit à la profession quant à l’affichage des prix sur la « para » et l’OTC exposés à la vue du public. Dans 85 % à 96 % des cas, l’obligation est respectée. Tout comme celle d’émettre un ticket de caisse à chaque achat. La DGCCRF conclut sur un bon et un mauvais point, comme tout professeur qui se respecte. Elle remarque que les pharmaciens rappelés à l’ordre ont en majorité respecté ses consignes lors du deuxième passage des inspecteurs, notamment pour le catalogues des remboursables sans ordonnance. Mais cela ne l’a pas empêché de délivrer 19 procès-verbaux à l’encontre de récidivistes déjà avertis, qui eux ne l’auront pas volé. Reste donc encore quelques efforts à faire pour que la profession soit irréprochable au niveau de l’affichage des prix... et qu’elle s’évite ainsi une nouvelle polémique avec les associations de consommateurs.
Laurent Simon (Avec APM)
Photo Miguel Medina