n°1191
juin 2007
Actualité
Edito
Nouvelle donne
Ne boudons pas notre plaisir : cela faisait longtemps que le portefeuille de la Santé n’avait pas été détenu par un confrère. Pour tout dire, Roselyne Bachelot est le deuxième pharmacien à occuper ce poste depuis la fin de la Guerre. Il est toujours agréable pour des négociateurs syndicaux d’évoquer les sujets les plus techniques avec un interlocuteur issu de la profession. Rappelons que Roselyne Bachelot, en sa qualité de députée au Parlement européen, a été contre-rapporteur de la directive Santé pour la commission Emploi et Affaires sociales. Longuement interviewée, il y a deux ans, dans les colonnes du Pharmacien de France, elle se montrait alors « raisonnablement optimiste » pour la pharmacie française, et rappelait que « les systèmes de santé des États, qui relèvent d’un pacte social propre à chacun d’entre eux, ne font l’objet d’aucun transfert de compétences ». A l’heure où l’Europe tance la France à propos de sa législation sur les pharmacies d’officine, un message fort et clair du gouvernement français ne pourra qu’être le bienvenu. En revanche, une inconnue demeure à ce jour : notre nouvelle ministre aura-t-elle les coudées franches pour négocier dans la mesure où elle ne sera pas seule à peser sur les choix comptables ? Enfin, il sera intéressant de suivre la façon dont elle s’emparera des grands dossiers non finalisés par son prédécesseur tels que l’automédication, la formation continue ou la convention avec les Ehpad. De même, de quelle oreille entendra-t-elle les revendications de la FSPF quant à l’évolution de la rémunération des pharmaciens ? Les réponses arriveront sans doute bien vite.
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Nous ne cessons de le rappeler, 2007 sera une année charnière pour l’évolution de notre profession. À ce titre, la Fédération, qui avait sensibilisé les états-majors politiques avant l’élection présidentielle en organisant une Convention extraordinaire à Paris le 27 mars, mobilise aujourd’hui ses présidents départementaux. Chacun d’entre eux ira à la rencontre des candidats aux élections législatives afin de leur présenter les spécificités de notre profession et de les alerter sur les problèmes les plus saillants de la profession. Entre autres vis-à-vis de la Commission européenne qui se propose de remettre en cause le modèle officinal français, la Fédération demandera à l’État de garantir un réseau jusqu’à maintenant préservé d’ingérences capitalistiques qui ne pourraient qu’altérer l’indépendance de professionnels de santé au service de leurs concitoyens. Cette sensibilisation du monde politique à la défense de notre modèle de système de santé – dont tous les sondages nous rappellent qu’il est plébiscité par une très large majorité de Français – est essentielle. Il est impensable que les élus de la Nation n’en tiennent pas compte.
Philippe Berthelot
Directeur de la rédaction
Membre du Bureau national de la FSPF
Photo Miguel Medina