n°1191
juin 2007
Actualité
Retraite
Les conjoints ne seront plus oubliés
Deux décrets pour la retraite et le capital-décès viennent améliorer la situation des conjoints de professionnels libéraux, histoire de réparer quelques injustices.
Qu’il soit collaborateur stricto sensu ou pas, le conjoint du professionnel libéral – et donc du pharmacien – n’avait pas toujours un sort enviable en cas de pépin, que ce soit un divorce ou un décès. Deux dispositions viennent remettre mari et femme sur un pied d’égalité. Le conjoint-collaborateur d’un pharmacien titulaire, bien que participant au jour le jour à la vie économique de l’officine, n’avait, auparavant, aucun droit à une retraite équivalente à celle de sa tendre moitié, « ce qui conduisait à des situations économiques particulièrement difficiles, notamment en cas de séparation ultérieure des époux », précise le ministère. C’est maintenant chose faite : le conjointcollaborateur est obligatoirement et personnellement affilié au régime de retraite du professionnel, et ce à compter du 1er juillet prochain, à la fois pour les parts obligatoires et complémentaires. Autre disposition, destinée également au conjoint « pur et simple », la CAVP annonce que l’intégralité du capital-retraite d’un pharmacien décédé en activité sera reversée au survivant. « Avant, seulement 60 % du capital constitutif pouvait lui être crédité », rappelle la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens.
En cas de décès...
Comme l’a déclaré Nicolas Sarkozy le 2 mai dernier : «La situation faite aux veuves est catastrophique (...). Quand le mari décède, la veuve a 54 % de la pension. Je porterai [ce taux, NDLR] à 60 % ». La profession est donc allée bien au-delà. Même si cela ne concerne – fort heureusement – que 30 à 40 pharmaciens tous les ans, la mesure soulagera le conjoint survivant. La CAVP précise en outre que ce dernier « peut continuer à se constituer le maximum de la retraite de réversion » et, à 60 ans, «a droit à une retraite liquidée dans les conditions prévues pour le pharmacien sans réversion ». Une volonté, selon Bernard Lagneau, président de la CAVP, de « ne pas spolier les assurés de cette épargne » et d’arranger, tant que faire se peut, une situation souvent très compliquée en cas de décès. Déjà intéressant d’un point de vue fiscal et totalement indépendant financièrement – malgré une démographie qui n’incite pas à l’optimisme – le régime « spécial » des pharmaciens devient donc encore plus avantageux. À la fois pour le pharmacien titulaire et son conjoint.
Laurent Simon
Photo Miguel Medina