n°1191
juin 2007
Santé
Urologie
L’incontinence, un mal féminin
En raison de la spécificité anatomique du périnée, des périodes de maternité et de la ménopause, les femmes sont plus fréquemment touchées par l’incontinence. Des traitements très efficaces existent.
Près de trois millions de femmes souffrent d’incontinence urinaire en France. Alors que l’incontinence d’effort est un problème purement mécanique – fuites prévisibles à l’occasion d’un éternuement, d’une toux, etc. –, l’instabilité vésicale met en cause directement la fonction de la vessie, qui se contracte trop tôt et sans raison, provoquant des envies irrépressibles. Peut-on la prévenir ? Oui, par une rééducation périnéale après un accouchement par les voies naturelles, par exemple. Cette thérapie consiste à exécuter des contractions des muscles entourant le vagin et l’anus afin de renforcer la musculature du périnée. Les femmes les plus directement concernées par la prévention sont celles qui, six semaines après l’accouchement, souffrent d’incontinence ou d’une descente d’organes et celles qui n’ont aucun signe mais chez qui il existe des facteurs de risque : utilisation de forceps, bébé de plus de quatre kilos, perte temporaire d’urine.
Une femme, un traitement
En dehors de la prévention, l’incontinence doit être prise en charge dès lors qu’elle entraîne une gêne sociale. Les traitements doivent être adaptés à chaque femme, en fonction de la gêne et de la nature des troubles. Dans l’incontinence urinaire d’effort, la rééducation périnéale est généralement très efficace chez les femmes dont le plancher pelvien est de mauvaise qualité. Pour celles qui restent gênées par ce trouble, la chirurgie demeure le seul moyen efficace de recouvrer une qualité de vie. Le dispositif du TVT ou Tension free vaginal tape, des bandelettes sous-urétrales introduites par voie vaginale, permet notamment de supporter l’urètre pendant l’effort afin d’empêcher toute fuite d’urine. Quant à l’incontinence par impériosités, elle est essentiellement traitée par les anticholinergiques qui agissent en supprimant les contractions vésicales. Dans le cas d’une incontinence rebelle résistant aux médicaments, il existe la solution de la neuromodulation sacrée. De quoi s’agit-il ? D’une sorte de pile ou pacemaker que l’on implante et qui va stimuler électriquement et de façon continue les nerfs responsables du contrôle de la vessie. Cette méthode, prise en charge par l’Assurance maladie, permet de traiter un grand nombre de patient(e)s qui n’ont plus aucun recours, sauf l’utilisation perpétuelle de protections ou une éventuelle chirurgie lourde. Ces différentes solutions permettent aux femmes, dans la grande majorité des cas, de retrouver une vie normale.
Claire Grevot
Photo DR
Avec la collaboration du Pr Emmanuel Chartier- Kastler, secrétaire général de l’Association Française d’Urologie (AFU) - www.urofrance.org 
A retenir et à conseiller
Incontinence d’effort
Le sport intensif, les abdominaux pratiqués immédiatement après l’accouchement, la constipation, le tabac (la toux chronique accroît la pression abdominale) sont des facteurs déclenchants. Lorsque la gêne est peu importante, on recommande, pour éviter toute dégradation :
■ de traiter la constipation,
■ d’arrêter de fumer,
■ de traiter la ménopause,
■ de faire attention aux abdominaux.
Incontinence par impériosités
Les antihypertenseurs, les antidépresseurs agissent sur la vessie en la déstabilisant. Les anticholinergiques ont des effets indésirables fréquents : sécheresse de la bouche, constipation, etc. Pour renforcer l’efficacité du traitement, on recommande :
• de boire raisonnablement dans la journée,
• de ne pas abuser de boissons avant le coucher,
• de supprimer thé, café, vin blanc,
• d’uriner régulièrement en augmentant le délai entre deux mictions.
Protections hygiéniques
À conseiller comme palliatifs en attendant d’être traité ou en cas de traitement impossible.