n°1201
juin 2008
Actualité
Edito
Mobilisation générale
Nous y voilà. Au moment où vous lirez ces lignes, la pharmacie française sera engagée dans une campagne de communication de très grande ampleur afin – et c’est une première – d’interpeller les Français sur les risques majeurs que court leur système de santé, et les inviter à prendre position. Défendre l’officine à la française est devenu un combat de tous, que l’on aurait bien tort de réduire à la survie d’une profession. Encore moins à la préservation de privilèges corporatistes. Nous avons mis sur pied cette campagne dès la fin de l’année 2007, alors que s’allumaient de plus en plus d’indicateurs menaçants : mise en cause de Bruxelles, bien sûr, mais aussi succession de rapports et de déclarations tous plus hostiles à l’égard de notre modèle de distribution du médicament. Est-il besoin d’ajouter à cette succession d’attaques celle de la grande distribution qui, emmenée par Michel-Edouard Leclerc, entend bien liquider le monopole de dispensation des officines ? Il n’est que temps, vraiment, d’informer les Français des mutations voulues par certains, et pour les mettre devant un choix crucial pour eux : veulent-ils, ou ne veulent-ils plus, d’un service de santé de proximité ouvert nuit et jour, toute l’année, et d’une dispensation sécurisée garantie à chacun d’eux, quelles que soient ses ressources et ses besoins spécifiques ? La campagne que vous êtes invité à relayer s’appuie, vous le savez maintenant, sur la mobilisation des patients qui, par voie de pétition postale, demanderont au président de la République, à la veille de la présidence française de l’Union européenne, de confirmer le modèle officinal fondé sur les trois piliers inscrits en France dans le code de la santé publique, et défendus à plusieurs reprises par la ministre de la Santé. Ces trois piliers, vous les connaissez :
■ la vente de médicaments strictement assurée dans les pharmacies d’officine, garantie d’un conseil de qualité en toute sécurité quels que soient les revenus des patients,
■ le capital des officines détenu uniquement par des pharmaciens, garantie de l’indépendance du conseil santé,
■ la répartition équilibrée des pharmacies d’officine sur le territoire national, garantie d’un service de proximité. C’est à vous qu’il revient aujourd’hui d’assurer le succès de ce message, et de faire en sorte que notre modèle soit efficacement défendu, non pas seulement par les professionnels de santé et par notre ministre de tutelle, mais par les patients eux-mêmes. Cette campagne n’est pas celle d’un syndicat, elle est celle de l’ensemble des pharmaciens de ce pays. Nous comptons évidemment sur nos adhérents pour la relayer, mais aussi sur l’ensemble de nos confrères qui, syndiqués ou pas, doivent se battre pour notre avenir commun. La profession compte sur vous pour participer à cette campagne.
Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
Photo Miguel Medina
