n°1201
juin 2008
Actualité
Info ou intox
Mais où va l’argent des franchises ?
Si les modalités de la Journée nationale de solidarité – et le flou qui l’entourent – sont critiquées, celle-ci a au moins le mérite de rapporter 2 milliards d’euros par an dans les caisses de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). C’est loin d’être le cas des économies engendrées par les franchises médicales, mises en place pour dégager de nouvelles ressources pour le Plan Alzheimer, les soins palliatifs et la poursuite du Plan cancer. De fait, les 850 millions d’euros censés en découler ne sont pas « isolés » dans le budget de la Sécu, et ces crédits n’entrent pas dans le budget de la CNSA. Autrement dit, aucun système de traçabilité du montant des franchises n’a été prévu. L’Association des présidents de maisons de retraite a jeté un pavé dans la mare en soulignant fin avril que lesdites franchises « n’ont servi en rien à financer l’aide aux personnes âgées comme l’avait promis le chef de l’Etat dans le cadre du plan Alzheimer, mais ont juste permis de diminuer les dépenses de l’Assurance maladie ». Même son de cloche au Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées, dont la déléguée générale, Florence Arnaiz-Maumé, a déploré qu’«en aucun cas, les franchises ne financent spécifiquement le plan Alzheimer [...] En réalité, l’économie engendrée par les franchises reste dans les caisses de la Sécurité sociale, elle est là pour combler le déficit. » Ce qui fait un peu désordre au moment où le directeur général de la Cnam se félicite de leur effet sur les dépenses remboursées de médicaments. Pour rectifier le tir, un rapport présenté aux parlementaires l’automne prochain devrait justifier comment l’argent des franchises répond à ses objectifs.
Fanny Rey
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