n°1201
juin 2008
Santé
Sida
Les tests rapides à la loupe
Le développement de tests rapides s’intègre dans une réflexion globale sur le dispositif de dépistage de l’infection par le VIH.
A côté des tests rapides, on parle aussi beaucoup des autotests. Disponibles dans certains pays d’Europe mais aussi en vente sur Internet, ces home-tests impliquent que le prélèvement, le test en lui-même et son interprétation soient réalisés par la personne concernée, sans intervention médicale. Ils pourraient théoriquement favoriser une détection plus précoce de l’infection par le VIH. Toutefois, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le Conseil national du sida (CNS) ont émis de nombreuses réserves en raison de la fiabilité médiocre de ces tests dont la proportion de faux positifs pourrait atteindre 50 %, des limites d’une auto-analyse qui maintient la personne hors du dispositif de prise en charge médicale et sociale, et des risques d’une utilisation abusive et contraire à l’éthique. Ainsi, « cette technique dite d’autotest, outre sa faible valeur diagnostique, ne peut pas s’inscrire dans une politique globale de prévention », selon le CNS. Le dépistage de l’infection par le VIH impose, en France, la réalisation d’un double test dont au moins un test Elisa, suivi d’une confirmation par une technique Western- Blot si l’un des deux est positif (cf. la fiche patho ci-contre). Les tests rapides sanguins, dont les résultats sont obtenus en 20 à 40 minutes, peuvent être utilisés pour réaliser l’un des deux tests initiaux. On sait pour l’heure que ces tests rapides sont comparables à un test Elisa en termes de valeur prédictive. Le Conseil national du Sida (CNS) recommandait, dans une publication de novembre 2006, de « rendre possible la réalisation de tests rapides sanguins par le personnel médical ou par délégation de tâches après validation des compétences». Mais, leur utilisation en tant que test « unique » nécessite une évaluation qui, si elle est concluante, devra être suivie d’une évolution de la législation. Pour ce faire, la Haute autorité de santé (HAS) a confié à l’Afssaps le soin d’évaluer les tests rapides, tant salivaires que sanguins, disponibles sur le marché européen et disposant d’un marquage CE. Au mieux, les conclusions de l’Afssaps sont attendues pour l’automne 2008, assorties de recommandations pour l’utilisation de ces tests, dont l’usage est aujourd’hui considéré comme un acte médical.
« Décentraliser » le dépistage
Dans un contexte où, malgré l’ampleur du dispositif de dépistage, plus de 40 % des personnes infectées par le VIH ne le découvrent qu’au moment du diagnostic de Sida, la possibilité de ne réaliser qu’un test rapide permettra de « décentraliser » le dépistage hors des structures existantes et à proximité des personnes les plus exposées. Tout en maintenant les principes actuels de gratuité et de confidentialité. Et, comme le souligne l’association Actions traitements, « il va de soi qu’on ne peut imaginer un tel projet hors de tout réseau et sans lien de partenariat avec un service et des professionnels de santé. Tout particulièrement pour l’orientation des personnes dépistées séropositives vers une prise en charge médicale ». Car l’objectif essentiel du dispositif de dépistage, qu’il soit encadré dans les centres spécialisés ou hors de ces centres, reste la prévention et le conseil avec un accompagnement et une possibilité de dialogue avant, pendant et après les tests. Et là, tous les acteurs de la lutte contre le Sida sont d’accord.
Nathalie Le Goff
Du nouveau dans la trithérapie
Commercialisé depuis l’an dernier dans certains pays en voie de développement, Atripla doit arriver en France dans les mois à venir. Cette combinaison fixe de trois antirétroviraux (efavirenz / emtricitabine / tenofovir) a été recommandée par l’OMS comme l’une des stratégies de première ligne. Il s’agit aussi de la première trithérapie permettant la prise d’un seul comprimé par jour.
Gare aux autotests
A côté des tests rapides, on parle aussi beaucoup des autotests. Disponibles dans certains pays d’Europe mais aussi en vente sur Internet, ces home-tests impliquent que le prélèvement, le test en lui-même et son interprétation soient réalisés par la personne concernée, sans intervention médicale. Ils pourraient théoriquement favoriser une détection plus précoce de l’infection par le VIH. Toutefois, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le Conseil national du sida (CNS) ont émis de nombreuses réserves en raison de la fiabilité médiocre de ces tests dont la proportion de faux positifs pourrait atteindre 50 %, des limites d’une auto-analyse qui maintient la personne hors du dispositif de prise en charge médicale et sociale, et des risques d’une utilisation abusive et contraire à l’éthique. Ainsi, « cette technique dite d’autotest, outre sa faible valeur diagnostique, ne peut pas s’inscrire dans une politique globale de prévention », selon le CNS.