n°1211
juin 2009
Santé
Diabète
A chacun son lecteur
Le choix d’un lecteur de glycémie se fait en fonction des besoins et des caractéristiques de chacun. Vos clients diabétiques comptent sur vous pour les aider à choisir l’appareil le mieux adapté à leur profil.
Crucial, le choix du lecteur de glycémie doit se faire sur mesure pour chaque diabétique. Différents dans leur conception, ils affichent un objectif commun : permettre à chaque patient de réaliser seul des mesures correctes de sa glycémie. La simplicité d’utilisation (réglage, programmation, lecture, etc.) est en effet essentielle pour aider les patients à mieux respecter leur prescription et ainsi assure r un meilleur suivi de leur maladie. Dans tous les cas, le patient doit se sentir à l’aise avec cet objet qui l’accompagnera partout et tous les jours : laissez-le le regarder, le peser, le manipuler. Les quelques observations suivantes vous permettront de « profiler » votre patient afin de vous guider dans la délivrance de son lecteur.
La simplicité d’utilisation est essentielle
1 Le patient a plus de 55 ans. Il a des troubles visuels et/ou des problèmes de dextérité (arthrose, tremblements, etc.).
Proposez-lui un lecteur offrant toutes les caractéristiques pour faciliter le quotidien des seniors : simplicité d’utilisation et confort de manipulation (gros boutons de navigation, prise en main facilitée), interprétation aisée des résultats grâce à un écran large et à un avertisseur sonore.
Notre conseil
■ Accu-Chek Perf o rm a de Roche, doté de contours caoutchoutés, bien adapté aux patients diabétiques de type 2 de plus de 55 ans particulièrement anxieux ;
■ FreeStyle Papillon Vision d’Abbott Diabetes Care, avec grands chiffres et sans calibrage pour limiter le risque d’erreur ;
■ OneTouch Vita de Lifescan, au revêtement anti-dérapant ;
■ GlucoFix mio’ de Menarini, sans calibrage.
2 Le patient est un diabétique de type 1, jeune, dynamique, souvent en déplacement. Il est plutôt sensible au « look », à l’innovation, à la performance. Il souhaite pouvoir effectuer ses mesures le plus discrètement possible, en tous lieux.
Certains produits ont été spécialement pensés pour les jeunes actifs : ils sont compacts, légers et de petite taille pour un transport facile, avec un rétro-éclairage de l’écran pour une bonne lisibilité, y compris dans les endroits peu éclairés.
Notre conseil
■ Accu-Chek Performa Nano de Roche, aux lignes épurées, noir laqué, intégrant les marqueurs de glycémie pré et post-prandiaux et rappels post-prandiaux, ainsi que les moyennes glycémiques ;
■ FreeStyle Papillon Lite d’Abbott, livré avec logiciel Copilot pour télécharger les données ; ■ One Touch UltraEasy de Lifescan, ultracompact et disponible en trois couleurs.
Dans tous les cas, le patient doit se sentir à l’aise avec cet objet qui l’accompagnera partout et tous les jours.
3 Le patient est un insulinotraité qui se teste de nombreuses fois dans la journée.
Pour répondre parfaitement à ses besoins, vous pouvez lui proposer un lecteur multitests.
Notre conseil
■ Breeze 2 de Bayer, qui fonctionne avec un disque permettant de réaliser dix tests consécutifs.
4 Le patient souffre de plusieurs pathologies / Il est sous dialyse péritonéale / Il est sous oxygène.
Un lecteur apportant une sécurité absolue dans les résultats glycémiques est essentiel en cas de polypathologie ou de pathologie lourde. Il permet de rassurer à la fois le patient et le professionnel de santé.
Notre conseil
■ Contour TS de Bayer, intégrant une enzyme capable d’éliminer les risques d’interactions entre certains médicaments– contenant du galactose ou du maltose, par exemple – et les résultats glycémiques.
5 Le patient utilise une pompe à insuline Un appareil capable d’analyser à la fois la glycémie et la cétonémie lui sera particulièrement utile.
Notre conseil
■ Optium Xceed d’Abbott Diabetes Care, qui permet un dosage de la cétonémie en cas de dépassement de la glycémie > 2,5 g/l. A noter : Abbott commercialise un lecteur capable de communiquer directement avec la pompe Medtronic, avec transmission des résultats par radiofréquence. Il s’agit de Contour Link, prescrit et dispensé en milieu hospitalier mais dont les consommables, comme les bandelettes, sont délivrés à l’officine.
Claire Grevot
Photo Miguel Medina
LES INFECTIONS NOSOCOMIALES, ÇA ARRIVE AUSSI EN VILLE
L’Alliance pour la lutte contre les infections en ambulatoire (Alia) vient de voir le jour. Les pharmaciens en sont partie prenante.
Les diabétiques en auto-traitement ne le savent pas toujours, mais ils font partie des personnes concernées, au premier chef, par les risques infectieux. Traditionnellement associées aux soins hospitaliers, les infections nosocomiales peuvent aussi être contractées par un patient à domicile compte tenu de sa pathologie (plaies, brûlures, suites opératoires, diabète...), de son environnement ou lors d’actes médicaux prodigués par un professionnel de santé ou par le patient lui même. Dans un contexte où l’évolution du système de santé va favoriser des séjours hospitaliers de plus en plus courts, où la pratique de gestes invasifs s’étend dans les cabinets médicaux, les polycliniques, les Ehpad* et bien entendu à domicile, cette p roblématique reste pourtant largement méconnue. Or le transfert d’activités médicales de l’hôpital vers la médecine de ville ne pourra qu’amplifier ce phénomène.
Une alliance contre les infections
A l’initiative de l’Appamed, syndicat de l’industrie des dispositifs de soins médicaux, les professionnels de santé (pharmaciens et infirmiers notamment), les associations de patients et les industriels ont décidé de prendre le taureau par les cornes en se réunissant au sein du projet Alia (Alliance pour la lutte contre les infections en ambulatoire). Anticipant les évolutions des modes de soins vers la ville, l’Alia se donne pour objectif de sensibiliser les responsables publics, les professionnels de santé, les patients et leur entourage aux risques d’infections associés aux soins et à leur prévention. La diffusion des Bonnes pratiques et des bonnes conditions d’utilisation des dispositifs médicaux est au coeur de cette démarche de prévention et de traitement.
Une étude pour mieux cerner le phénomène
Seulement voilà : il n’existe en France ni étude ni données épidémiologiques qui permettent de rendre compte de l’étendue des infections qui sont aujourd’hui rencontrées en ambulatoire. Cette problématique commence pourtant à intéresser les chercheurs américains puisqu’une récente étude de l’Université de médecine d’Atlanta démontrait que les bactéries résistantes aux antibiotiques se retrouvaient désormais non plus seulement à l’hôpital, mais également dans les maisons de retraite, les prisons et même les écoles. Pour Philippe Rouard, délégué général d’Appamed : « Le débat sur l’infection en ambulatoire et la responsabilisation des différents acteurs ne peut émerger durablement si aucun dispositif de surveillance et de mesure épidémiologique adapté n’est mis en place ». La réalisation d’une telle étude de prévalence constituerait donc un préalable nécessaire pour mieux connaître les infections en ambulatoire, à l’instar des connaissances que nous avons maintenant sur les infections nosocomiales, et permettra d’obtenir la meilleure sensibilisation des professionnels de santé et des patients. C’est le premier objectif du projet Alia que de sensibiliser le personnel politique sur une telle attente.
LG
* Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes
