n°1211
juin 2009
Santé
Fiche Patho
La contraception d’urgence
La contraception d’urgence (CU) est destinée à un usage exceptionnel et s’assortit de modalités de délivrance particulières à l’officine pour les mineures depuis 2002, puisqu’elle leur est accessible anonymement et gratuitement. Les pharmaciens ont pour obligation d’accompagner la délivrance par une démarche spécifique d’éducation à la santé. En voilà tous les détails.
MÉDICAMENTS CONCERNÉS
■ Norlevo (lévonorgestrel - HRA Pharma), boîte de 1 comprimé à 1,5 mg
■ Lévonorgestrel Biogaran, boîte de 1 comprimé à 1,5 mg
PRESCRIPTION ET PRISE EN CHARGE
■ Prescription médicale facultative.
■ Pour les mineures : délivrance gratuite et anonyme.
■ Pour les majeures : remboursement à 65% en cas de prescription médicale, sinon pas de remboursement.
RAPPELS : INDICATION, ADMINISTRATION, EFFETS INDÉSIRABLES
■ L’indication est la contraception d’urgence dans un délai de 72 h après un rapport sexuel non protégé ou en cas d’échec d’une méthode contraceptive (oubli ou rupture du préservatif, retard de la prise du contraceptif habituel au-delà du délai acceptable, perte d’un stérilet, ou encore rapport sexuel résultant d’un viol, etc.), quel que soit l’âge de la femme.
■ Lévonorgestrel est un progestatif utilisable à tout moment du cycle.
■ Il faut avaler le comprimé le plus tôt possible, de préférence dans les 12h (et jusqu’à 72h) suivant le rapport sexuel.
■ Les effets indésirables principaux sont : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées, vertiges, fatigue, céphalées, retard des règles, tension mammaire, spotting, saignements irréguliers.
■ Attention à l’interaction avec les inducteurs enzymatiques.
CONDITIONS DE DISPENSATION AUX MINEURES
■ La gratuité est subordonnée à la minorité de la patiente ; une simple déclaration orale suffit, ce qui permet ainsi de respecter son anonymat.
■ La délivrance doit être précédée d’un entretien permettant de vérifier que la situation de la mineure correspond aux critères d’urgence et aux conditions d’utilisation de la CU.
■ L’information doit être orientée aussi sur l’accès à une contraception régulière, sur la prévention des IST1 et sur l’intérêt d’un suivi médical, par exemple en s’appuyant sur la brochure Contraception d’urgence : la pilule du lendemain éditée par le Cespharm pour fournir des explications. La brochure peut ensuite être remise à la mineure.
■ Ne pas oublier de communiquer à la patiente les coordonnées du centre de planification familiale le plus proche (voir Contacts utiles)
INFORMATIONS À LA PATIENTE ET CONSEILS ASSOCIÉS
■ Respecter un espace de confidentialité pour l’entretien.
■ En cas d’oubli de pilule : prendre le dernier comprimé dès que l’oubli est constaté puis continuer la prise à l’horaire habituel. Le recours à la CU en complément dépend du retard de la prise et du type de pilule contraceptive.
■ Si le délai depuis le rapport sexuel non protégé dépasse 72h, il faut orienter la patiente vers un médecin.
■ Sensibiliser au fait que, si des vomissements surviennent dans les 3h suivant la prise du comprimé, il faut renouveler la prise.
■ Informer la patiente sur les effets indésirables éventuels, en précisant qu’ils sont généralement mineurs et passagers.
■ Insister sur la nécessité d’une contraception locale pour chaque rapport sexuel jusqu’au retour des règles ; orienter vers un médecin ou le Centre de planning familial le plus proche permettra de mettre en place une contraception régulière dès le cycle suivant.
■ La CU n’étant pas efficace à 100%, il faut inciter la patiente à surveiller le retour des règles ou des signes évocateurs de grossesse. En cas de doute, conseiller un test de grossesse et orienter vers un médecin.
■ Rappeler que la CU ne protège pas vis-à-vis des IST1 et du VIH, que seuls les préservatifs apportent une telle protection.
LE PLUS DU PHARMACIEN
■ Face à l’angoisse et la détresse de la mineure, s’efforcer de la rassurer et de la mettre en confiance ; éviter de la culpabiliser plus encore.
■ Si le dialogue est difficile à établir, il faut parer au plus pressé en respectant le cadre législatif et laisser la porte ouverte pour compléter ensuite les informations dont la jeune fille aura besoin pour « l’après CU ».
■ Si la jeune fille a bien compris toutes les implications de la CU, il est possible de lui proposer de prendre le comprimé à l’officine.
MODALITÉS DE FACTURATION
■ Respect de l’anonymat en indiquant sur la feuille de soins comme nom « URGENCE » et comme prénom « contraception ».
■ Date de naissance fictive (9 janvier 2002), sauf si la patiente a fourni la sienne spontanément.
■ Numéro de prescripteur fictif fourni par la CPAM.
■ Conditions de prise en charge : maladie, exonération, acte de prévention.
■ Indiquer la dénomination du médicament, son code CIP.
■ La plupart des logiciels permettent une saisie automatisée ; télétransmission possible.
CONTACTS UTILES
■ Cespharm – fax : 01 56 21 35 09 ou mail :
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■ Fil santé jeunes : 3234 depuis un poste fixe – www.filsantejeunes.com
■ Sida info service : 0800 840 800 - www.sida-info-service.org
■ www.planning- familial.org
■ www.choisirsacontraception.fr
■ www.protegetoi.org
1 Infections sexuellement transmissible
Claire Grevot
Photo DR