n°1211 juin 2009
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Santé Ophtalmologie Ouvrez l’œil
Tout problème ophtalmologique à l’officine nécessite un avis rapide et précis. Quels conseils apporter en termes de prise en charge ? Quand orienter vers un spécialiste ?
Lorsqu’une personne passe la porte de votre officine pour un problème à l’oeil, la première préoccupation doit être d’éliminer une urgence ophtalmologique : baisse brutale de l’acuité visuelle, oeil dur et douloureux, photophobie, impression d’éclairs lumineux ou de voile noir, voire une plaie, un corps étranger, une brûlure ou un traumatisme oculaire... La présence d’un ou plusieurs de ces signes doit inciter à recommander une consultation immédiate chez l’ophtalmologiste ou aux urgences hospitalières.

Orienter en 5 questions


L’urgence écartée, vous devez questionner le patient.
• 1 - Portez- vous des lentilles de contact ? Si oui, conseiller au patient de les retirer.
• 2 - Souffrez- vous d’une maladie comme le diabète, l’herpès labial, les maladies inflammatoires rhumatismales, la sclérose en plaques ? Si oui, il faut savoir que ces maladies sont à relier à un certain type de pathologie ou trouble ophtalmologique : le diabète entraîne des rétinopathies, l’herpès labial peut se propager à l’oeil, la spondylarthrite ankylosante provoque des uvéites ( oeil rouge et douloureux, parfois accompagné de flou), la sclérose en plaques est souvent précédée par l’apparition d’une névrite optique... Dans ce cas, mieux vaut consulter un spécialiste !
• 3 - Suivez-vous actuellement un traitement médicamenteux ? En cas de réponse affirmative , ne pas oublier d’ informer les patients que l’amiodarone peut provoquer des dépôts cornéens et des halos colorés, les antipaludéens de synthèse des rétinopathies, la corticothérapie orale ou locale prolongée une cataracte ou un glaucome à angle ouvert. Par ailleurs, un certain nombre de médicaments induisent une sécheresse oculaire : l’isotrétinoïne, certains psychotropes, les bêta-bloquants, les antispasmodiques, les antidiarrhéiques, les antitussifs, les antiparkinsoniens, les antihistaminiques H1, etc. N’hésitez pas à téléphoner au prescripteur pour trouver un terrain d’entente thérapeutique.
• 4 - Avez- vous utilisé un collyre de votre pharmacie « familiale » pour vous soigner ? Rappeler dans ce cas la durée de conservation courte des flacons de collyre ouverts et leur mode de conservation.
• 5 - Depuis combien de temps n’avez-vous pas consulté votre ophtalmologiste ? Rappeler alors l’utilité d’un suivi préventif régulier. A savoir : la situation est plus préoccupante si les problèmes ou symptômes durent depuis un certain temps ou s’ils persistent sous traitement. La personne doit consulter dans ce cas sans attendre.

Dans quels cas délivrer un collyre antiseptique ?


■ Conjonctivite (voir encadré ci- contre)
■ Orgelet (infection du follicule pilosébacé d'un cil) ou chalazion (obstruction infectée d'une glande sébacée de la paupière) : appliquer sur l'oeil une compresse chaude trois fois par jour pendant dix minutes et utiliser un collyre antiseptique durant une à deux semaines ou une pommade ophtalmique antiseptique à l'oxyde de mercure jaune* durant une semaine.

Claire Grevot
Photo Miguel Medina

* A ne jamais utiliser en association avec des pommades ophtalmiques ou collyres contenant de l'iode ou des produits iodés. Attention également aux effets indésirables, notamment des troubles de la vision qui peuvent altérer l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines…  

Avec la collaboration du docteur Jean-Luc Seegmuller, président d’honneur du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof). www. snof.org
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ZOOM sur la conjonctivite
Courante, la conjonctivite n’en provoque pas moins une gêne handicapante pour les patients. Pour se débarrasser de cette pathologie d’origine virale, bactérienne ou allergique, commencer par nettoyer les sécrétions au sérum physiologique ou avec une lotion antiseptique et instiller un collyre antiseptique.
LES SIGNES
oeil rouge, douloureux (depuis la gêne à type de frottement jusqu’à la douleur avec photophobie empêchant d’ouvrir les paupières), paupières gonflées, avec larmoiement et souvent sécrétions si la conjonctivite est d’origine bactérienne.
QUAND CONSULTER ?
■ En cas de persistance, de signes de gravité (suspicion d’herpès, sécrétions abondantes, photophobie, oedème) ou de facteurs de risque (immunodépression, diabète, chirurgie oculaire récente, corticothérapie locale, port de lentilles de contact, problème de voies lacrymales).
■ Concernant les conjonctivites présumées allergiques (démangeaisons, apparition récurrente et périodique (toujours à la même saison) ou en présence de l’allergène (chat, acarien, etc.) : consulter si le collyre antiallergique n’agit pas rapidement sur les deux yeux.