n°1221 juin 2010
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Santé DIETETIQUE Alli souffle sa première bougie
Un an après son démarrage en fanfare, Alli a-t-il trouvé sa place ? Une étude Ifop fait le point. 
Le matraquage médiatique a porté ses fruits. Avec 543000 boîtes vendues en 2009, Alli a vraisemblablement trouvé sa place parmi les produits amincissants. Les ventes, supérieures aux prévisions, placent la France en tête des ventes de ce médicament en Europe et hissent cet antiobésité au sixième rang des marques d’automédication. Un bilan d’étape très honorable, d’autant qu’Alli n’a rien d’un médicament miracle et que ses résultats sont plutôt modestes, avec 5 à 10 % du poids perdu en six mois.  

Conseil aléatoire

Avec un an de recul, il semblerait que le « phénomène » Alli soit mieux compris du grand public. Mais dans quelle mesure utilisateurs et pharmaciens ont-ils respecté ses indications ? Selon l’étude de l’Ifop, seuls 73,5 % de ses utilisateurs ont un IMC conforme à l’indication – supérieur ou égal à 28 – mais 85 % sont en « simple » surpoids. Le conseil du pharmacien n’a donc pas toujours été au rendez-vous, loin de là. Si 78 % des patients indiquent qu’il les a bien prévenus sur les effets secondaires du produit, 74 % notent qu’il leur a recommandé une alimentation pauvre en graisses, mais seuls 59 % reconnaissent qu’il a calculé leur IMC… Un taux d’utilisation hors indication de 26,5 %, c’est encore beaucoup. D’autant que seuls 60 % de ses utilisateurs ont réduit la quantité de graisses ingérées : 40% qui ont subi des diarrhées graisseuses et autres troubles digestifs, c’est trop. À défaut de données qualitatives sur la prise du produit (perte de poids, durée du traitement, effets indésirables…), difficile d’évaluer dans quelle mesure la pilule anti-obésité a été utilisée à bon escient. En décembre dernier, l’Afssaps relevait un taux d’« utilisation inappropriée » de l’ordre de 17 %. Pour y voir clair, l’agence vient de lancer une nouvelle étude, sur un millier de patients.

Fanny Rey
Photo : Miguel Medina 


Formations tous azimuts  

Formation des officinaux, site dédié (www.alliprogramme.fr ), campagne grand public…GSK n’a pas lésiné sur les moyens pour « éduquer » patients et officinaux. Si 6500 pharmaciens sont déjà formés au produit, 4000 officinaux supplémentaires devraient l’être cette année. Le laboratoire s’est par ailleurs associé au Comité de valorisation de l’acte officinal pour mettre en place un observatoire qui permettra de suivre le comportement d’une cinquantaine d’utilisateurs d’Alli et d’aider les pharmaciens à formaliser l’accompagnement des patients au comptoir.
Image
75% des utilisateurs d’Alli sont des femmes.