n°1221 juin 2010
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Actualité EN COUV Ca passe ou ça casse
Les négociations avec les pouvoirs publics se poursuivent à un rythme soutenu, sous la pression de pharmaciens de plus en plus remontés. Il y a urgence.
Cette fois, ça y est. Les syndicats de pharmaciens sont engagés avec l’État dans des négociations longtemps réclamées, longtemps repoussées. Il a donc fallu que tous les indicateurs passent au rouge – stagnation du CA, recul de la marge en euros, explosion des faillites, tensions soudaines sur les trésoreries – pour que la ministre de la Santé accepte de donner suite à la demande insistante de la profession. L’annonce en avait été faite en mars lors du salon Pharmagora, au lendemain d’une Assemblée générale de la FSPF appelant, à l’unanimité des voix, à « l’ouverture immédiate d’une négociation pour la reva- Les négociations avec les pouvoirs publics se poursuivent à un rythme soutenu, sous la pression de pharmaciens de plus en plus remontés. Il y a urgence. lorisation de la marge de dispensation du médicament et pour la rémunération des nouvelles missions confiées aux pharmaciens d’officine par la loi HPST ». Dans le même élan, cette même AG avait mandaté le Bureau national de la FSPF pour engager des négociations, et décidé d’envisager « des moyens d’actions à défaut d’avancées significatives rapides ». Message reçu, puisque ces négociations sont maintenant en cours, sous l’égide de la Direction de la Sécurité sociale (DSS). La consigne ministérielle est claire : « Il est impératif d’adapter le modèle économique de l’officine à un marché du médicament structurellement moins dynamique qu’avant. »

Pression


Les pharmaciens attendent beaucoup de ces négociations. La dégradation structurelle, profonde, de l’économie officinale, prend des formes de plus en plus palpables. Ce sont des trésoreries en tension, des difficultés de paiement aux fournisseurs, des rééchelonnements d’emprunts bancaires, mais aussi des procédures de redressement. Il flotte dans l’air des envies de grève, de radicalisation de la contestation, dont témoignent abondamment les forums de discussion sur Internet. Trop longtemps repoussé, le chantier de réforme économique ne peut pas, ne doit pas décevoir, sous peine de casser durablement la confiance des pharmaciens. 

Laurent Gainza
Photo Miguel Medina
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Une explosion des défaillances
Selon un rapport de l’agence de notation financière Coface datant de mars 2010, la pharmacie dans son ensemble et la pharmacie d’officine en particulier font face à une explosion des défaillances depuis 2008. Le secteur dans sa globalité enregistre aujourd’hui des niveaux de défaillances supérieurs de 65% par rapport à décembre 2006. Au final, le secteur pharmaceutique enregistrait 154 défaillances fin mars 2010. Celles-ci concernent majoritairement les pharmacies d’officine.
Comment lire ce graphique ?
Depuis la loi de sauvegarde des entreprises, entrée en vigueur au 1er janvier 2006, il existe trois procédures pour le traitement judiciaire des difficultés : la procédure de sauvegarde, nouvelle procédure instituée par cette loi, et les procédures de redressement et de liquidation judiciaires déjà prévues.
La procédure de sauvegarde permet à une entreprise d’anticiper sur ses difficultés et de se réorganiser pour éviter la cessation des paiements.
Le redressement judiciaire définit le moyen pour une entreprise qui n’arrive plus à régler ses dettes, d’apurer son passif.
La liquidation judiciaire met fin à l’activité de l’entreprise ou organise une cession globale ou partielle.