n°1221
juin 2010
Actualité
FORMATION
FCC, à consommer sans modération
Dix thèmes et cinq cents formations proposées à travers la France. Le dispositif de la formation continue conventionnelle étant désormais opérationnel, il n’y a plus qu’à s’inscrire…
Elle s’est déployée discrètement en mai, dans les Pays de la Loire, en Bretagne, en Corse, en Poitou-Charentes et en Île-de-France. Après une période de rodage, la formation continue conventionnelle (FCC) va prendre ses marques dans les mois à venir : en juin, une quarantaine d’actions de formation sont prévues à travers la France, pour atteindre 501 d’ici la fin de l’année. Pour ce faire, 38 organismes agréés ont été triés sur le volet, dont 7 universités, des répartiteurs, des chambres de commerce, des centres de formation d’ap- prentis et, bien sûr, l’Utip. « Certains groupements se sont positionnés. L’industrie, absolument pas », précise Claude Japhet, président de l’OG-pharma, organisme gestionnaire du projet.
Chaque journée de formation ouvre doit à une indemnité de 330 euros.Objectif : former les pharmaciens ayant signé la Convention nationale, autant dire tous les titulaires en exercice. Cette année, dans un premier temps, la barre a été fixée à 7000. Sept mille pharmaciens qui auraient tort de se priver, ces formations, indemnisées dans la limite de six journées par an et par titulaire, étant transposables aux adjoints. La formation ainsi que les frais de restauration et d’hébergement sont intégralement pris en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 130 euros. Par ailleurs, chaque journée ouvre droit à une indemnité pour perte d’exploitation de 330 euros, exception faite des dimanches et des jours fériés. Concrètement, les formations s’étalent sur une ou deux journées, uniquement en présentiel. L’option du e-learning, qui permettrait de former un plus grand nombre de pharmaciens, n’a pour l’instant pas été retenue.
Offre élargie
Reste à faire son choix : asthme, diabètes de type 1 et 2, grippes, médicaments à statut particulier, addictions, lutte contre la iatrogénie chez la personne âgée, risques cardiovasculaires, maladies neurodégénératives, prise en charge du patient en premier recours, accompagnement du patient cancéreux. Cette offre sera élargie au fil des ans. Fin mai, la commission paritaire nationale a défini de nouveaux thèmes. A priori, les dix thèmes de 2010 vont être maintenus. D’autres, « proposés par les organismes ou identifiés par nous-mêmes, seront ajoutés à la liste », indique Claude Japhet. Il est encore trop tôt pour les dévoiler.
L’option du e-learning n’a pas été retenue par l’Assurance maladie. Le Comité paritaire national de la formation continue conventionnelle devra élaborer le cahier des charges d’ici fin juin. Seule constante : « La Cnam veille à ce que l’aspect santé publique prime », indique Christian Blanc, trésorier de l’OGpharma. Autre dénominateur commun : un caractère éminemment pratique, le cahier des charges étant très précis pour les organismes de formation ayant répondu à l’appel d’offres lancé par l’organisme gestionnaire. À noter, certains thèmes sont plus prisés que d’autres, à l’instar du diabète, proposé dans vingt régions. À l’inverse, seules huit régions proposent des journées de formation sur le thème des médicaments à statut particulier.
Répartition homogène
D’ici la fin de l’année, 125 villes vont accueillir des journées de formation. Si toutes les régions en proposent, 21 départements en sont dépourvus, même si « nous avons essayé d’avoir la répartition géographique la plus homogène possible », souligne Claude Japhet. De quoi trouver chaussure à son pied, donc, hormis dans les Dom, qui ne proposent pour l’instant que quatre journées de formation (deux à la Réunion et deux en Guadeloupe). Mais quid de l’appétence des pharmaciens à se former? Indemnisation, absence d’évaluation… « on a levé tous les freins les empêchant d’y aller », se félicite Christian Blanc. Reste à espérer que la motivation sera au rendez-vous. Il en va de la crédibilité de la profession, à l’heure de la loi HPST et des nouvelles missions que les pharmaciens appellent de leurs voeux.
Fanny Rey
Photo : Miguel Medina
[ Nota bene ]
Pour le détail des thèmes retenus et des instances intervenant dans la FCC, voir n°1214 (« FCC : c’est parti ! »).
Le futur DPC fait polémique
La FCC disparaîtra avec l’avènement du développement professionnel continu (DPC) prévu par la loi HPST, qui doit démarrer le 1er janvier 2012. Plus précisément, elle se fondra dans ce nouveau dispositif, qui en reprendra les grandes lignes. À noter : les actions effectuées en 2010 et 2011 seront prises en compte pour la validation du DPC en 2012, selon un mode de conversion à préciser. Mais avant même leur publication au Journal officiel, les futurs décrets concernant le DPC font débat. Notamment le fait que l’ensemble des organismes gestionnaires de santé doit être repris par un OG national. Dans un communiqué du 17 mai, l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) dénonce « l’absence de réelle concertation sur l’élaboration des projets de textes d’application de la loi HPST », constatant la « multiplication d’instances aux contours flous, qui vont au-delà du texte de la loi, sans pallier l’exclusion de fait des professionnels de santé du futur DPC ». De fait, l’organisme gestionnaire du DPC consisterait en un groupement d’intérêt public dans lequel « les représentants des professionnels n’auraient qu’un rôle consultatif et seraient totalement exclus de tout processus de décision dans le financement, ce qui n’a jamais été perpétré pour aucune autre profession ». Par ailleurs, l’UNPS, qui « constate à nouveau la sous-représentation des organisations syndicales reconnues représentatives des professions de santé », conclut : « Ces projets de textes confirment la volonté du gouvernement de mettre fin à la FCC des professionnels de santé en exercice libéral, de supprimer ainsi un des avantages de l’exercice conventionné et de remplacer le mécanisme de formation par un outil de contrôle. »
Gilles Bonnefond (Uspo), secrétaire général, Christian Blanc (FSPF), trésorier, et Claude Japhet (UNPF), président de l’OG-pharma, réunis le 18 mai à l’occasion du lancement de la FCC.
Un site dédié
« OG pharma », ça sonne quand même mieux que « OG FCC PO »… Totalement opérationnel depuis le 21 mai, le site www.ogpharma.fr permet aux pharmaciens d’obtenir tous les renseignements nécessaires pour suivre une action de formation. La recherche peut se faire par thème, département, région ou organisme de formation. En un clic, il est ainsi possible d’avoir un aperçu complet de la programmation annuelle. En plus de proposer les coordonnées des organismes de formation et des documents utiles, le site permet aux pharmaciens de créer leur compte FCC, « véritable carnet de bord des formations effectuées, ce qui permet une totale maîtrise de sa formation, sans compter que cela constitue un moyen de contestation en cas de réclamation », souligne Claude Japhet. Pour participer, il suffit de sélectionner une formation, en sachant qu’il n’est pas obligatoire qu’elle ait lieu dans sa région. Muni de son numéro Adeli (et de celui du titulaire pour un adjoint), s’inscrire ensuite auprès de l’organisme de formation concerné et lui fournir une attestation sur l’honneur de perte de ressources (modèle disponible en ligne) ou une photocopie de bulletin de salaire pour les adjoints.