n°1221 juin 2010
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Pratique MARCHE Des cosmétiques mâles en point
Ni très présent, ni complètement absent, le marché des cosmétiques pour hommes peine encore à se développer en officine. Analyse. 
L’homme du deuxième millénaire prendrait soin de sa peau. Vraiment ? Même si 21% des hommes déclaraient s’en préoccuper en 2001 contre 4% seulement en 1995, le marché des cosmétiques pour hommes en pharmacie n’a pas explosé. Et si, en 2006, la croissance était de + 18,1 %, en 2007, elle n’était déjà plus que de + 5,5% en valeur. Le secteur reste fragile, comme en témoigne l’arrêt total de la gamme MenCode (ROC) en 2010; la tentative d’élargissement de la gamme Nobacter (Beiersdorf) en 2005 s’est également révélée décevante. À leur décharge, la domination écrasante de L’Oréal n’est pas faite pour faciliter les choses. En effet, Vichy Homme et Biotherm représentent respectivement 31% et 25% des PDM (hors rasage) en valeur. Liérac, le numéro 3, s’adresse à une clientèle financièrement plus à l’aise, mais l’arrivée de la gamme Nuxe Men, en avril dernier, pourrait lui faire concurrence à terme dans le segment haut de gamme. « Il y a une forte demande sur les crèmes hydratantes ou apaisantes, les ventes de crèmes anti-âge sont aussi en progression », analyse Corinne Vaslin, esthéticienne à la Pharmacie centrale, à Orléans.La domination écrasante de L’Oréal n’est pas faite pour faciliter les choses à la concurrence. La Fédération des entreprises de la beauté enregistrait ainsi en 2006 et 2007 une nette tendance à la hausse du chiffre d’affaire des soins pour hommes, hors après-rasage (respectivement +59,0% et +10,3% pour les ventes sur conseil pharmaceutique). Une précision s’impose cependant : le marché global « Soins homme » est entré fin 2009 dans une phase de décroissance.  

Rasage en première intention

Probablement moins concurrencés par la grande distribution, les marchés du rasage et de l’après-rasage se maintiennent en proposant des produits adaptés aux peaux à problèmes (acné, poils incarnés…). Nobacter, Avène et Vichy Homme forment le tiercé de tête. Avec une mention spéciale pour l’après-rasage chez Avène, dont le baume et le fluide occupent près de la moitié du marché. Le soin Dermo-K (Avène), indiqué dans le traitement et la prévention des poils incarnés, enregistre également une progression de 3%. Parmi les autres segments du marché, « les déodorants (Vichy, Nuxe, Rogé Cavaillès) et les traitements de l’alopécie, Minoxidil en tête, fonctionnent bien », d’après Adélaïde, esthéticienne à la Pharmacie principale, à Tours. Enfin, le segment des compléments nutritionnels « Spécial mâle » est encore considéré comme émergent. La demande se concentre principalement sur les produits hyperprotéinés (gamme Construction musculaire d’Eafit…), constate en pratique Adélaïde. La « Minceur hommes », avec XLS Men minceur chez Oméga Pharma, Minceur 24 Men chez Forté Pharma commence à se démocratiser. Il n’en reste pas moins que le marché est modeste. Si l’avenir de l’homme passe en partie par la cosmétique, celui de l’officine ne semble pas en dépendre.

Anaïs Bellan  
Photo : Miguel Medina 

[ Nota bene ] Plus discrets mais présents
Quelques laboratoires non cités ci-dessus élargissent l’offre dans les segments qui marchent : le rasage et l’après-rasage. La gamme XY Homme chez La Roche- Posay, les produits Cible chez Klorane, ou encore ceux de BcomBio Homme chez Sicobel bénéficient d’une certaine visibilité en pharmacie.

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Si la vente des crèmes hydratantes progresse, le marché global « Soins homme » décroît depuis fin 2009.  

3 QUESTIONS À…
Corinne Vaslin, esthéticienne en pharmacie à Orléans  
Qui sont ces hommes qui prennent soin de leur peau ?
De 20 à 70 ans, il existe une demande. C’est plutôt le choix de la gamme qui varie en fonction de l’âge. Un homme de 40 ans optera, par exemple, plus facilement pour Biotherm que pour Vichy.
En quoi leur comportement diffère-t-il de celui des femmes ?
Une fois qu’un produit leur convient, les hommes ne cherchent pas spécialement à en changer. Ils portent également moins d’attention au prix.
Que vous manque-t-il actuellement en pharmacie pour booster les ventes ?
Il manque, entre autres, des doses d’essais pour faire découvrir les produits. Il y a vraiment un oubli du marché « Hommes » de la part des laboratoires.