n°1221 juin 2010
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Actualité SUBSTITUTION Le générique, c'est très économique
Formidable machine à cash pour l’Assurance maladie, la substitution générique se joue chaque année selon des règles revisitées. Retour sur les objectifs détaillés pour 2010 et point d’étape, département par département, de la mobilisation officinale.
Année après année, les pharmaciens d’officine continuent à incarner la réussite du médicament générique. Après avoir permis à l’Assurance maladie d’économiser plus de 1 milliard d’euros en 2009 (lire encadré ci-dessous), la profession est aujourd’hui engagée dans un nouvel objectif pour 2010. C’est en décembre dernier que les règles en ont été définies, et c’est fin avril que l’avenant conventionnel « cuvée 2010 » a été publié au Journal officiel. Compte tenu des résultats obtenus l’an passé, les parties signataires – l’Assurance maladie et les syndicats officinaux – ont fixé pour l’année 2010, un objectif national de pénétration des médicaments génériques égal à 80% sur la base du réper- Formidable machine à cash pour l’Assurance maladie, la substitution générique se joue chaque année selon des règles revisitées. Retour sur les objectifs détaillés pour 2010 et point d’étape, département par département, de la mobilisation officinale. Le générique, c’est très économique toire de référence défini par l’article 12 de l’accord national du 30 juin 2009. Un nouvel objectif qui intègre certaines particularités.

Nouvelles modalités

Tout d’abord, les efforts de substitution doivent désormais porter sur les molécules anciennes et sur celles nouvellement inscrites au répertoire des génériques. C’est pourquoi la liste des molécules retenues pour le suivi national et individuel de la délivrance de médicaments génériques pour 2010 se compose de 18 molécules importantes en termes de chiffres d’affaires, récemment inscrites au répertoire des médicaments génériques. Particulièrement délicats à substituer, la buprénorphine et le fentanyl font l’objet d’un suivi particulier, non chiffré. Enfin, pour une plus grande lisibilité par les pharmaciens des objectifs de substitution des molécules ciblées par cet avenant, seulement trois niveaux de taux sont retenus comme objectifs : 65%, 75% et 85%.

Clarification


Concernant les taux de pénétration départementaux, les objectifs sont relativement simples, du moins sur le papier. Les départements ayant atteint un taux égal ou supérieur à 80% au 30 novembre 2009, doivent maintenir un tel niveau sur l’année 2010, sur la base du répertoire du 30 juin 2009. Pour les autres, l’objectif est d’atteindre le taux de 80% au 31 décembre 2010, sur la base du répertoire du 30 juin 2009. Les objectifs individuels de délivrance des médicaments génériques sont déterminés exactement de la même façon. Maintenir un taux si élevé sur un répertoire qui compte près de 200 molécules ne sera pas chose aisée. Dans le contexte dramatiquement tendu des comptes publics, l’économie dégagée par la substitution générique représente pourtant, pour les gestionnaires de l’Assurance maladie comme pour le gouvernement, une manne qu’il s’agit d’entretenir avec soin. Le succès du dispositif, plus de dix ans après sa mise en oeuvre, pourrait bien inspirer l’État dans les négociations économiques qu’il mène actuellement avec les représentants de l’officine. Responsabiliser l’officine sur de nouvelles missions, ça marche.

Laurent Gainza
Photo Miguel Medina
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Un milliard d’économies en 2009
L’an dernier, le développement des médicaments génériques a généré plus de 1 milliard d’euros d’économies pour l’Assurance maladie, contre 905 millions en 2008. Un bonus essentiellement lié à la progression du marché des génériques, qui représentait fin 2009 plus de 23% des boîtes de médicaments remboursées. Cette année-là, le taux de pénétration des génériques s’était maintenu à un niveau élevé avec 82,5% de substitution sur les molécules génériques commercialisées depuis plus de 18 mois (répertoire du 30 juin 2008). Sur le répertoire en cours, malgré un élargissement à 27 nouvelles molécules, la progression du taux de pénétration aura été d’environ 7 points, témoignant ainsi d’un développement rapide des génériques récemment inscrits. Tout cela grâce aux pharmaciens. Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Cnam-TS, a d’ailleurs reconnu que « si la prescription en dénomination commune par les médecins avait été indispensable à l’envol du générique, on serait toujours à 10%! », soit 1 boîte sur 10 seulement. Aujourd’hui, grâce à la seule substitution, près de 1 boîte remboursée sur quatre est un médicament générique.