n°1231 Juin 2011
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Pratique ANALYSE L’automédication du futur
L’arrivée des IPP en libre accès en novembre 2009 a-t-elle marqué un tournant dans l’offre française d’automédication ? Sur fond d’Assises du médicament, la circonspection est de mise. 
Malgré une année en demi-teinte pour les chiffres du marché de l’automédication, 2010 a été marquée par de nombreux switchs – délistage d’une molécule –, avec la commercialisation de Mopralpro, Pantozol control, Pantoloc control, Debricalm… Un « signal positif », selon Vincent Cotard, qui souligne aussi la meilleure acceptation du libre accès par les patients – 61 % en 2010 contre 30 % en 2009 –, qui « nous donnent de l’espoir pour le futur », souligne le président de l’Afipa. Après l’arrivée des IPP en automédication, d’autres molécules candidates au délistage seraient sur les rangs. De là à bientôt voir arriver triptans et autres statines en OTC ? « Il y a bien des produits dans le pipe, mais nous avons l’interdiction formelle d’en parler », indique Daphnée Lecomte-Somaggio, déléguée générale de l’Afipa. Une chose est sûre, « il y aura des choses intéressantes dans le courant de l’année », avance-t-elle. On n’obtiendra pas plus de précisions du côté de l’Afssaps, qui ne peut évoquer les dossiers à l’étude. Une réflexion y a pourtant bien été menée sur le passage des triptans en automédication. « À l’époque où le Pr Alain Baumelou était membre du groupe de travail « médicaments de prescription médicale facultative », il a impulsé une réflexion de fond pour développer leur accès en automédication, sous certaines conditions », rappelle Daphnée Lecomte-Somaggio.

Encore un effort

En matière d’automédication, la France reste à la traîne par rapport à ses voisins européens, et la légalisation du libre accès en juillet 2008 n’y a rien changé. Un état des lieux réalisé par l’Afipa dans 14 pays d’Europe liste les substances actives encore listées en France et délistées dans plusieurs autres États membres. C’est notamment le cas de la dompéridone, du bromure de butylscopolamine, du bifonazole, du ticonazole, de la benzydamine, du bufexamac, du felbinac, du piroxicam, de la cinchocaïne, de la naphazoline et de l’oxymétazoline. On est donc bien loin du Royaume-Uni où, après l’arrivée en vente libre de la simvastatine 10 mg (2004) et des premiers triptans (2005), de nouvelles molécules en OTC sont annoncées. « En France, le frein principal au développement de l’automédication est la culture de prise en charge médicale », analyse le Dr Pascale Maisonneuve, chef du service de la coordination de l’information, des vigilances, des risques et des actions de santé publique à l’Afssaps. Facilité à consulter un généraliste, remboursement, parcours de soins… « tout concourt à privilégier la prescription ». Sans compter que le contexte actuel de psychose sanitaire « est plutôt de nature à freiner l’élan de l’automédication » selon Daphnée Lecomte-Somaggio. À moins que les réflexions issues des Assises du médicament ne viennent modifier la donne.
Fanny Rey
Photo : Miguel MEDINA

23 sirops passent sur ordonnance
C’est un changement réglementaire rarissime : Depuis le 28 avril dernier, 23 sirops*, jusqu’alors en vente libre, sont délivrés uniquement sur prescription médicale. Leur point commun ? Ils contiennent de la pholcodine, susceptible de provoquer des accidents allergiques. L’Afssaps estime que cette substance est impliquée dans des accidents rares – environ 0,02 % d’anesthésies en France, mais graves. En 2008-2009, une augmentation du nombre de cas a été spontanément signalée, alors que le total des ventes de médicaments à base de pholcodine était plus important, par rapport à la période 2003-2004, a rapporté l’Agence. À la demande de la France, une réévaluation du rapport bénéfice/risque des médicaments contenant de la pholcodine est en cours à l’Agence européenne du médicament et les résultats sont attendus en juillet. * Biocalyptol, Broncalène, Clarix toux sèche, Codotussyl toux sèche, Dimétane, Ephedromel, Flucalyptol, Hexapneumine, Humex, Myrtine, Polery, Pulmosodyl, Repsilène, Rhinatiol, etc.

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En neuf ans, l’OTC strict a augmenté son chiffre d’affaires de plus de 20 %.