n°1180
mai 2006
Actualité
Edito
Une nouvelle ère
Dans la nuit du 29 au 30 mars dernier, nous avons mis le point final à deux ans de travail. Deux ans pour négocier, et finalement signer, un texte historique pour notre profession : la convention pharmaceutique nationale entre les pharmaciens titulaires d’officine et l’Assurance maladie. Pourquoi signer une telle convention ? En quoi cette signature influera-t-elle, concrètement, sur notre exercice professionnel ? Quel avenir pour ce partenariat ? Autant de questions que les pharmaciens peuvent se poser aujourd’hui, et auxquelles la FSPF se doit de répondre.
Tout d’abord, la signature de cette Convention est un événement fondateur, qui consacre la mise en place d’une redéfinition des rapports entre les pharmaciens et l’Assurance maladie. En effet, le partenariat qui existait jusqu’alors entre ces derniers ne portait que sur des aspects strictement techniques de l’activité officinale.
Cette convention concerne le cœur même de notre exercice. Ce texte consacre le rôle essentiel joué par le pharmacien en tant que professionnel de santé dans la qualité et l’efficience de la dispensation, dans la coordination, la continuité et la permanence des soins, et le place résolument au cœur de la réforme de l’Assurance maladie. Il inscrit les relations entre la profession et l’Assurance maladie dans une nouvelle dynamique, où notre rôle d’effecteurs d’économies se trouve reconnu et notre mission d’acteurs de santé renforcée. En pratique, le changement ne sera perceptible que subtilement, dans la mesure où cette convention reprend quantité de points déjà énoncés ailleurs, que ce soit dans le Code de la santé publique ou dans les conventions techniques de type Sesam-Vitale. Fondamentalement, il faut retenir que le principe de la maîtrise médicalisée des dépenses, jusque là cantonné à notre rôle dans la substitution générique, s’appliquera désormais à l’ensemble de notre exercice professionnel.
Avec cette convention, nous avons en quelque sorte bâti une maison. Il nous reste à présent à la meubler en fonction de nos attentes respectives, dans une logique équilibrée de qualité et d’économies pour l’Assurance maladie. La « pièce » consacrée à la permanence des soins a d’ores et déjà été meublée, l’astreinte ayant enfin été reconnue et rémunérée. Les autres pièces de l’édifice restent maintenant à remplir et aménager, et cela se fera par avenants dans les mois qui viennent. En effet, la profession officinale attend maintenant que soit négocié un accord de bonne pratique dans les maisons de retraite, qui aura pour fonction de normaliser, avant la fin de cette année, les relations entre les officines et les établissements hébergeant des personnes âgées. Dans d’autres domaines, des avenants seront également négociés, qu’ils soient relatifs au suivi de certaines catégories de malades, à la coordination ou à la continuité des soins.
Ce qui est fondamental et résolument novateur c’est que, dorénavant, l’ensemble de ces avenants ne seront négociés qu’à avantages partagés entre les deux parties. C’est sur ces bases nouvelles, celles d’un partenariat équilibré et volontaire avec l’Assurance maladie, que s’épanouiront désormais des pans entiers de notre exercice.
Pierre Leportier
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
Photo Miguel Medina