n°1200 mai 2008
Retour|Imprimer| envoyer à un ami
Actualité Coopération sanitaire Le feu vert de la HAS
Diminution du nombre de médecins, désertification médicale en milieu rural, besoin d’une prise en charge pluridisciplinaire des malades… Autant d’éléments qui ont conduit la Haute autorité de santé (HAS) à se prononcer pour une nouvelle répartition des tâches entre professionnels de santé.
Le monde de la santé serait-il en pleine (r)évolution ? Après des mois d’enquête, de travaux et de consultation publique, la HAS a présenté le 16 avril ses recommandations définitives en matière de coopération sanitaire. « Nous sommes favorables à une nouvelle répartition de certaines tâches entre professionnels de santé afin d’améliorer la prise en charge des patients », résume Laurent Degos, président de la HAS. Cette préoccupation n’est pas nouvelle : depuis 2003, les quinze expérimentations qui ont été conduites ont permis de « s’assurer de la faisabilité de la répartition des tâches, de la sécurité pour les patients et du bénéfice qu’ils en retirent », note Yvon Berland, président de l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS). Une fois leur bénéfice démontré, le dossier a été confié à la HAS, qui a évalué ces expérimentations et rédigé une recommandation de 62 pages, en coopération avec l’ONDPS. Celle-ci s’appuie aussi sur l’analyse d’une enquête sur les pratiques de coopération, les travaux menés par trois groupes d’expertise et la consultation publique sur un projet de recommandation.

Cadre rénové


Au vu de ces enseignements, la HAS préconise une réforme globale portant sur le système de formation, le cadre juridique et les conditions économiques d’exercice afin de renforcer l’attractivité des professions de santé en améliorant leurs conditions de travail et les possibilités d’évolution de carrière. Déplorant l’absence de niveaux de formation intermédiaires entre la plupart des paramédicaux (bac+3) et les spécialistes pouvant cumuler jusqu’à quatorze années d’études, le rapport suggère de faciliter la mise en place de contenus communs, d’instaurer des passerelles entre les métiers et les études, dans le cadre du dispositif LMD. Une telle réforme implique également de créer un nouveau cadre juridique pour entériner ce qui existe déjà souvent sur le terrain, mais aussi de construire des nouveaux métiers qui devront être identifiés. « Conseiller en génétique ? Coordinateur de parcours de soins ? hasarde Yvon Berland. Aux professionnels d’identifier les profils manquants, qui doivent être construits. » Le rapport conseille par ailleurs d’adapter les modalités de financement et de rémunération selon le secteur d’activité. Le cadre étant fixé, reste à en lever les freins pour que cette déclaration d’intentions n’en reste pas là. L’examen du projet de loi sur la modernisation de la santé, l’automne prochain, devrait y contribuer.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina

Pour consulter l’intégralité de la recommandation : www.has-sante.fr


Image

Des Egos prometteurs
La longue série de concertations entamées en novembre dernier étant révolue, le document de synthèse issu du groupe de concertation des Etats généraux de l’organisation des soins (Egos) appelle également à une « nouvelle répartition des tâches » entre les médecins et les autres professionnels de santé. « Fréquemment au contact des malades », les pharmaciens pourraient se voir confier, « en accord avec le médecin traitant, le suivi plus quotidien de leur prise en charge », et se faire une place dans la coordination des soins. « N’oublions pas d’accorder aux pharmaciens toute l’attention qu’ils méritent, compte tenu de leurs compétences propres et de leurs fonctions spécifiques, de manière à repenser leur rôle dans l’accès aux soins de premier recours. On peut imaginer, par exemple, qu’un pharmacien puisse apporter son conseil au projet thérapeutique des patients admis en Ehpad. De même, il est difficile de concevoir une politique d’éducation thérapeutique et une politique de prévention véritablement efficiente sans leur concours actif », déclarait ainsi Roselyne Bachelot à l’occasion de la clôture des Egos, le 9 avril.