n°1200
mai 2008
Actualité
Dépendance
Les chèques solidarité, ça marche
Ou comment les pharmaciens des Pyrénées-Orientales ont « sauvé » le marché de la dépendance, tout en faisant faire des économies à la collectivité.
En 2005, le Conseil général des Pyrénées-Orientales réfléchit à la manière de gérer le plus rigoureusement possible l’utilisation de l’Aide personnalisée à l’autonomie (APA). Objectif : éviter qu’une fois versées, les sommes allouées soient détournées de leur destination initiale. D’où la mise en place du Chèque solidarité, qui consiste en un titre de paiement permettant de régler diverses prestations ou achats. Certains allocataires de l’APA se voient ainsi remettre des chèques pour l’acquisition de matériels à usage unique, essentiellement des couches et des alèses. Le marché est loin d’être nul puisqu’il concerne 900 personnes, pour un CA de 600 000 euros, crédité d’une progression de 13 % par an. Le hic, c’est que ce sont majoritairement des grandes surfaces qui constituent le réseau de commerces partenaires, et que les pharmaciens sont, à l’origine, purement et simplement oubliés…
D’un montant unitaire de cinq euros, le Chèque d’accompagnement personnalisé ressemble à un chèque déjeuner lambda.Bien sûr, le syndicat local ne l’entend pas de cette oreille : « Le défi était de montrer que les pharmaciens pouvaient accepter ces chèques. Si nous voulions participer, analyse Daniel Daniel, président du syndicat des pharmaciens local, il fallait que le coût de traitement de ces chèques soit le moins élevé possible pour nous ». Le syndicat fait alors appel à Midi-Pyrénées-Pharm, société coopérative basée à Toulouse, afin de traiter ces chèques avec des coûts de gestion limités pour les pharmaciens. Bingo ! Les pharmaciens peuvent alors entrer dans le dispositif. « On rend service à nos clients et on les fidélise tout en défendant notre répartition démogéographique », se réjouit aujourd’hui Daniel Daniel. Basé sur une convention avec le Conseil général, le système a véritablement démarré en avril 2007, accompagné d’une campagne de communication pour sensibiliser les patients. Bilan ? « Tous les confrères du département ont adhéré à ce système. Sur l’année 2007, 81% des chèques émis ont été encaissés, ce qui revient à dire que tous les chèques non utilisés – 19 % du total – sont autant d’économies pour le Conseil général, puisqu’avec l’ancien système l’argent versé aurait été employé à d’autres fins. Sur les 370000 euros de chèques encaissés, la moitié l’a été par des pharmaciens ». Objectif atteint : « On a évité de laisser s’échapper un marché, et pour un coût de traitement qui représente seulement 7,5 % du total ». Le système ne demande aujourd’hui qu’à s’étendre à toute la France, « car, assure Daniel Daniel, les Conseil généraux sont demandeurs ».
Laurent Gainza
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Pour tout renseignement, une seule adresse : le Syndicat des pharmaciens des Pyrénées-Orientales (Tél. : 04 68 35 65 00, permanence du lundi au vendredi).