n°1200
mai 2008
Actualité
Edito
La pharmacie répond
L’attaque que subit la profession par voie de spots télévisés et d’encarts publicitaires n’est que le dernier avatar d’une série de remises en cause dont nous devons tirer les conclusions. Nous reprocher de nous complaire dans nos privilèges, alors même que nous nous apprêtons une nouvelle fois à relever un défi majeur avec la mise en place du libre accès de certains médicaments, c’est faire preuve d’une méconnaissance impardonnable de la pharmacie d’officine. Certains se l’autorisent pourtant et nous avons aujourd’hui le devoir d’y répondre, fut-ce au prix d’une entorse à la discrétion et à la modération dont les pharmaciens sont coutumiers. Ce n’est pas parce que l’opinion publique nous est très largement favorable que nous devons indéfiniment ignorer les attaques dont nous faisons l’objet. Au-delà de notre profession, c’est une certaine idée de l’excellence sanitaire française qui est remise en cause, une certaine idée de la solidarité nationale et de l’égalité d’accès aux soins.
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La pharmacie d’officine est devenue une cible : elle ne peut pas, elle ne doit plus rester muette ! A ceux qui veulent voir disparaître nos piliers fondamentaux – loi de répartition, monopole, exercice personnel – aux profits d’intérêts mercantiles et au détriment de la santé des Français, nous devons répondre. Pour ce faire, notre Assemblée générale a autorisé la FSPF à lancer le compte à rebours d’une vaste campagne nationale dont nous avions préparé les moindres détails depuis quelques mois déjà. Nous espérions ne pas avoir à user de cette arme contre nos détracteurs, mais le temps est désormais venu de le faire. C’est pourquoi j’ai fait appel, début avril, à chacun d’entre vous pour soutenir financièrement cette opération. Le message est simple : « Nous avons obtenu l’indemnisation de nos astreintes à hauteur de 75 €. Combien d’astreintes engagerez-vous pour la défense de notre profession afin de réaliser une campagne nationale de communication ? » Des milliers de chèques nous sont parvenus à ce jour, et vos dons, par multiples de 75 €, contribuent à financer cette campagne qui verra prochainement le jour. Pour agir, nous avons encore besoin de vous. Aussi, j’invite ceux qui ne l’auraient pas encore fait, dans la mesure de leurs possibilités, à participer financièrement*. La profession doit se battre sur deux fronts : un front professionnel, avec l’accompagnement devant le comptoir d’une partie des médicaments de prescription facultative, et un front médiatique ouvert par les liquidateurs de notre modèle de santé. Il ne faut à aucun prix que nous baissions la garde.
Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France
Photo Miguel Medina 