n°1200 mai 2008
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Actualité Gardes Résogardes avance ses pions
Le 3237, futur numéro d’appel national des pharmacies de garde, étend progressivement sa toile. En phase de développement, ce dispositif expérimental devrait être généralisé l’an prochain.

Affichage sur la porte de la pharmacie, accord passé avec la gendarmerie, recours au 15 pour assurer le relais... Les départements ont toujours géré leur système de garde de façon disparate. « En période d’épidémies, la gendarmerie peut recevoir 150 appels pour une seule ville, notamment le dimanche », constate Joël Saiget, président du Syndicat des pharmaciens du Morbihan et administrateur de Résogardes. De son côté, le 15 rechigne parfois à jouer ce rôle de relais. « Et l’affichage sur les portes engendre bien des excès : qui n’a pas été dérangé au milieu de la nuit pour une boîte de lait maternisé ? », souligne-t-il. D’où l’idée du 3237 permettant d’établir un filtre pour identifier immédiatement le pharmacien de garde par le patient, dans le sillage du réseau varois Pharmagardes. De son côté, le pharmacien peut paramétrer sa fiche sur le site de Résogardes (www.resogardes.com), décider d’être joignable Le 3237 permet de mettre en place un filtre "médico sécuritaire" directement par le patient (option 1 : mise en relation téléphonique directe) ou choisir que l’appel aboutisse à un opérateur avec un contre-appel : il s’agit alors d’un service payant. A certaines heures, notamment en ville, le 3237 renvoie à la gendarmerie ou au commissariat de police, selon les départements ayant passé des accords. Dans le Morbihan, par exemple, les patients doivent passer par le commissariat entre 21h et 9h. Et dans les zones rurales, l’appel est rerouté sur le centre opérationnel de la gendarmerie, qui donnera l’information. « Cela permet de mettre en place un filtre “médico-sécuritaire” intéressant, à même de dissuader les gens mal intentionnés ou ayant une demande mineure, qui hésiteront à déranger le commissariat ou la gendarmerie », résume Joël Saiget.

Reconnaissance vocale

Basé sur un contrat technique avec France Télécom, ce dispositif repose sur la reconnaissance vocale des communes, ce qui peut poser problème à cause des accents ou d’une mauvaise prononciation. « Mais grâce à une nouvelle version mise en place récemment, cet aspect s’améliore, constate Giorgio Giorgi, directeur de Résopharma et DG de Résogardes. En cas de problème de reconnaissance vocale, au bout de trois échecs, l’appel bascule automatiquement sur une plateforme téléphonique. Au final, le temps d’attente ne dépasse pas 120 secondes. » De son côté, moyennant 0,34 euro, l’appelant se verra communiquer l’adresse des trois pharmacies de garde les plus proches du centre de la commune qu’il recherche. « Les gens râlent un peu de devoir payer, forcément... Un an après sa création le 3237 est opérationnel dans sept départements Mais combien de fois a-t-on besoin de s’informer de la pharmacie de garde ? », interroge Joël Saiget. Un an après sa création à l’initiative de la FSPF, le 3237 est désormais opérationnel dans sept départements (Var, Vaucluse, Morbihan, Côtes-d’Armor, Finistère, Bouches-du-Rhône, Marne, Ardennes et Aude, partiellement) et les expérimentations sont en cours dans vingt départements, en attendant une extension théorique à l’ensemble du territoire l’an prochain. Dans les départements où Résogardes est effectif, le système a d’abord été testé sans abandonner le système précédent. « Il faut résoudre tous les problèmes techniques avant d’étendre le dispositif, d’où sa difficile montée en puissance. Il y a une forte demande des pharmaciens, mais le système est perfectible », note Joël Saiget. Pour l’heure la préfecture, la Ddass, le 15 ou le 18 demeurent la garantie légale, le 3237 n’étant pas reconnu comme un numéro d’urgence.

Fanny Rey
Photo Miguel Medina
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