n°1200
mai 2008
Actualité
Vie syndicale
La Fédé leur dit merci
Les uns partent, les autres arrivent. Le président de la FSPF a tenu à rendre hommage aux anciens élus de la Fédération, et à accueillir la nouvelle garde.
Moment d’émotion en marge de la dernière Assemblée générale de la FSPF. Au moment d’accueillir en son sein une dizaine de nouveaux présidents départementaux, la Fédération a décidé de rendre un hommage appuyé à tous ceux qui ont abandonné leurs responsabilités syndicales après avoir bénévolement servi la profession, qu’ils aient été présidents de syndicats départementaux, membres du Conseil d’administration, ou encore membres du Bureau national. Au terme de cette cérémonie, les prédécesseurs de Philippe Gaertner à la présidence de la FSPF – Bernard Capdeville et Pierre Leportier – ont été, eux aussi, chaleureusement salués. Nous retranscrivons ici l’hommage de la FSPF, prononcé par Alain Jayne, secrétaire général, et par Philippe Gaertner. Très chers confrères, Je suis particulièrement heureux de rendre hommage à l’engagement syndical de ceux de nos confrères qui viennent de quitter le cénacle de nos Assemblées générales, après avoir assumé la difficile et pourtant indispensable fonction de président de syndicat départemental. Vous nous avez fait le plaisir de revenir aujourd’hui parmi nous, car la Fédération a souhaité souligner votre engagement au service de la défense de notre profession. Vous avez fait preuve de dévouement envers vos confrères, consacré de votre temps, au détriment de vos activités professionnelles et personnelles, et cet engagement personnel est une chose rare et précieuse. Ce qui nous rassemble ici, c’est l’idée que notre profession vaut la peine d’être défendue, avec ses spécificités, ses contraintes mais aussi ses richesses. L’engagement bénévole de chacun d’entre vous a contribué à édifier et solidifier notre édifice commun, et il mérite d’être reconnu. Je vais donc maintenant vous remettre une médaille spécialement réalisée pour la FSPF par les graveurs de la Monnaie de Paris, avec tous mes remerciements et toute mon amitié. Je vais appeler :
■ Dominique Robert, entré en 1977 dans le syndicalisme, président de l’Aube de 1992 à mars 2007, il a participé aux travaux des commissions « Economie » et « Affaires sociales » et n’a pas raccroché les gants puisqu’il continue d’exercer des remplacements pour, dit-il, rester « en phase » avec notre profession.
■ Alain Dulac, ancien président du Cher, installé en 1978, qui avait pris la voie de l’officine par pur hasard et qui a continué, « même si les études de pharmacie contenaient beaucoup trop de chimie » à son goût. Foncièrement optimiste, il reste persuadé que les pharmaciens ont cette faculté rare de savoir s’adapter, négocier des virages difficiles.
■ Régis Parenty, qui après des amours contrariées avec les études de vétérinaire, s’installe en 1979 et sera président de la Seine-Maritime de 1994 à 2006. Il avait l’estime de ses partenaires de négociations, et savait au demeurant se montrer dur en affaires !
■ Bernard Nohérie, président du Jura de 1991 à 2006, de ses années de syndicalisme, il garde quelques mauvais souvenirs – ceux des bagarres qu’il a dû mener pour que ses confrères veuillent bien effectuer leurs gardes – mais aussi de l’immense confraternité qui peut exister dans notre profession, de l’amitié des personnes engagées auprès de lui.
■ Alain Godefroy, ancien président du Nord, lancé dans l’aventure syndicale en 1983, date de sa rencontre déterminante avec Alain Faidherbe, avec qui il partagea un long chemin. Fidèle en amitié, Alain Godefroy a toujours été convaincu qu’il fallait consacrer de son temps pour la défense de notre profession.
■ Gérard Luc, qui, après une vingtaine d’années de présidence en Corrèze, retient l’aventure humaine que représente le syndicalisme, avec ses grandes déceptions – comme la scission avec l’Uspo – mais aussi et surtout les grandes amitiés qu’il a connues grâce à l’engagement syndical.
■ Benoit Beaudoin, installé en 1980 près de Nancy, il travaille aux côtés de Gérard Lupus de 1988 à 1998 avant de prendre la co-présidence de la Moselle. Il retiendra de cette prise de fonction qu’elle représentait un « démarrage sur les chapeaux de roues » lorsqu’il fallu défendre pied à pied la loi de répartition démogéographique, gérer la mise en oeuvre de Sesam-Vitale, de la substitution et de la MDL.
■ Roger Grebert, installé en 1986, n’a pas attendu longtemps pour comprendre l’utilité d’un syndicat. L’ancien président du Vaucluse a toujours cultivé la disponibilité, et a su obtenir de ses confrères qu’ils n’hésitent pas à venir lui parler, quel qu’en soit le motif ! Une proximité précieuse pour la fonction.
■ Gérard Sallet, président du département de l’Allier pendant près de 20 ans et qui fut également administrateur de la FSPF. La défense professionnelle a été, de son propre aveu, une grande opportunité pour rencontrer des personnes « au-dessus du lot ». Une expérience culturellement enrichissante, qui lui a permis de tisser de grandes amitiés. Un élu attaché à l’idée de fédération, épris de rassem-blement, qui ne s’est jamais vraiment consolé de la scission qui a mené à la création de l’Uspo.
■ Jean-Claude Bagnol, il s’est toujours engagé puisque, après la corpo de Montpellier, il fut président de l’Union nationale des étudiants de pharmacie et président de l’Hérault pendant dix ans. Administrateur de la FSPF, il a aussi participé aux travaux de la Commission des Affaires sociales. De toutes ses années de syndicalisme, il se souvient de l’exceptionnelle faconde de Bernard Capdeville, de sa vision de l’officine et de ses enjeux ainsi que de son grand sens politique. Son seul regret : que Résopharma ne soit pas encore devenu le formidable outil de communication qu’il pourrait être. Mais il reste très optimiste pour l’avenir de la profession grâce – c’est lui qui le dit ! – à l’équipe en place. Il est enfin très heureux que son successeur, Fréderic Abecassis, ait été élu pharmacien de l’année ! Je vais maintenant avoir le plaisir de saluer le travail d’une autre catégorie d’élus, plus familiers encore de cette Maison des pharmaciens, puisqu’ils ont quitté le Bureau national après de longues années de bons et loyaux services. Qu’ils viennent du Sud, du Nord, de l’Est ou de l’Ouest, ils n’ont cessé de représenter la profession auprès des plus hautes instances nationales, et je voudrais leur dire à présent toute la gratitude de la FSPF.
■ Danièle Paoli, l’une des deux « pétroleuses » de Bernard Capdeville. Elle n’imaginait pas, ce jour lointain, où elle fut consultée sur sa disponibilité, qu’elle deviendrait en 1995 membre du Bureau national. Elle aurait dû se méfier car elle était partie pour plusieurs mandats, et non des moindres puisque après la responsabilité de la Communication suivit celle de l’Exercice professionnel… Outre le travail que ces commissions impliquent, ses collègues se sont toujours reposé sur elle, seule femme au milieu d’une compagnie d’hommes, pour organiser les repas et soirées festives. Un sacerdoce ! Passionnée, volontaire, et ne pouvant jamais « lâcher » complètement ses confrères, Danièle continue de représenter la FSPF dans de nombreuses réunions dès qu’elle en a la possibilité.
■ Pierre Crouchet. Titulaire à Saint- Féréole en Corrèze, vice-président de l’APR pendant de nombreuses années, membre du Bureau national puis du Conseil d’administration de la FSPF, Pierre est dans un amphithéâtre comme un poisson dans l’eau, et passe volontiers de l’hémicycle de la FSPF à celui de l’Assemblée nationale ! Roi du lobbying de l’ombre, vous ne connaîtrez jamais que 1% de ses activités, tant il est toujours en train de défendre la profession d’une façon ou d’une autre, dès qu’il en a l’occasion…
■ Jean-Marc Yzerman, dit le « capitaine au long cours », est devenu par la force des évènements un professionnel d’Excel. Il a également dû apprendre à accoster en vacances parce que le ministère l’appelait et accessoirement se trouver une veste de costume en catastrophe ! Non content d’avoir été un « Monsieur Economie » hors pair, Jean-Marc s’est toujours distingué par sa gentillesse, sa patience et sa bonhomie. Membre du Bureau national de 1995 à 2007, il laisse à tous le souvenir d’un excellent navigateur, toujours présent pour affronter les tempêtes, et tenir bon le cap de la défense syndicale.
■ Jean-Etienne Martineau, qui a insufflé un air de renouveau lorsqu’il a pris la fonction de Secrétaire général de la FSPF, héritait souvent, à son grand dam mais avec le sourire, « des dossiers dont personne ne voulait ». Sa fierté aura été d’avoir dépoussiéré la classification des métiers de l’officine, vaste chantier s’il en est ! Jean-Etienne ne brille pas que dans ses prises de parole « officielles » puisqu’il aime aussi à raconter des histoires drôles et excelle en dessin : nombreux d’ailleurs sont les croquis qui ornent les murs de cette maison. Interrogé sur son confrère, un membre du Bureau résume sa vision du personnage en déclarant « Jean-Etienne, c’est la classe limousine ! ». Expert en « affaires sociales », il reste pour tous le roi des anciens combattants et de l’article 115, et seuls ses proches le savent mais il est également incollable sur les monuments aux morts et les voitures de pompiers !
■ Philippe Pignard, l’un des piliers de la FSPF, a été roi des chiffres et grand Chambellan des comptes pendant douze ans, rôle parfois ingrat. Philippe maîtrise parfaitement la partie immergée de l’iceberg et a su gérer la Maison des pharmaciens ainsi que toutes ses dépendances en bon père de famille, vigilant et avisé, ce qui n’était pas une mince affaire. Il n’a d’ailleurs pas dit son dernier mot puisqu’il s’occupe maintenant du Congrès des pharmaciens. Philippe est aussi l’incarnation de ce qu’on appelle aujourd’hui la « zénitude ». Calme en toute circonstance, il est la seule personne capable de vous faire répéter une intervention politique, en plein Congrès, au bar de l’OCP !
■ Alain Faidherbe. Vice-président de la FSPF de 1995 à 2004, ancien président de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens, Alain est un peu le Mazarin de cette maison. Son bureau, impeccablement ordonné comme son esprit, était un havre pour les membres du Bureau national qui y trouvaient toujours une oreille attentive et des conseils avisés. C’est parce qu’il avait cette écoute si particulière qu’il pouvait engranger toutes ces informations qu’il délivrait ensuite bien volontiers. Ses partenaires et confrères le considèrent toujours comme celui « qui sait tout et à qui on dit tout ». Un statut qu’il n’est pas donné à tout le monde d’acquérir.
■ Bernard Capdeville. Souvent surnommé « le Chevalier blanc », il est inutile ici de le présenter tant il s’est distingué à la fois par son parcours et sa personnalité. Ce roi des discours fleuves improvisés aux loopings périlleux et réussis, a défendu bec et ongles notre profession pendant de nombreuses années. Il s’est battu en première ligne à l’époque des grands chantiers qu’ont représenté Sesam-Vitale, le droit de substitution et la marge dégressive lissée. Bernard reste néanmoins celui qui aura coûté le plus cher à la FSPF en repas non ingérés pour cause de discours enflammés, au grand désespoir des serveurs… Alain Faidherbe aimait à dire qu’il était vain de vouloir caler un discours avec Bernard. Passer après lui était toujours une pure improvisation ! Une mæstria et un engagement qui ont à jamais marqué cette maison.
■ Pierre Leportier, enfin. Son dévouement pour notre profession est la première chose qui me vient en tête. Pierre ne donne pas sa confiance très facilement mais lorsqu’elle vous est accordée, vous pouvez être sûr de son soutien. Quant à essayer de savoir ce qu’il peut bien penser, nombreux sont ceux qui s’y sont cassé les dents. Sa réserve n’est que le rempart d’une sagacité et d’une pugnacité sans égales, qui ont fait merveille lorsqu’il eut à gérer en première ligne la négociation de Sesam-Vitale, ou plus récemment lorsque, investi de la présidence de la FSPF, il décida d’interpeller directement les candidats à la présidentielle, sommés de répondre avec précision aux questions qui concernent l’avenir du réseau. Pierre, vous le savez, a plus que tout autre donné à cette maison. En terminant son mandat dans les conditions que vous savez, il a manifesté un sens des responsabilités et une force d’âme dont la profession tout entière peut lui être reconnaissante.