n°1210 mai 2009
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Santé Asthme Pour un traitement bien compris
L’accompagnement des patients asthmatiques est incontournable à l’officine. Quelques informations et précieux conseils à diffuser largement.

Malgré les progrès réalisés dans le traitement de l'asthme, il subsiste des carences dans sa prise en charge. Un grand nombre de patients souffrent, en effet, d’un mauvais contrôle de leur maladie. En cause : une mauvaise appréciation de sa sévérité et donc un traitement inadapté ou encore une mauvaise observance des traitements prescrits. D’autre part, certains asthmatiques n’ont pas de suivi médical régulier. Vous avez un vrai rôle à jouer dans l’amélioration de cette prise en charge.

S’assurer que le patient prend correctement et régulièrement son traitement
>  L’informer qu’il existe deux grandes catégories de médicaments : ceux qui stoppent la crise d’asthme et soulagent, et ceux qui préviennent la survenue d’une crise. Les broncho-dilatateurs sont employés pour traiter la crise, avant tout les bêta-2 agonistes inhalés d’action rapide et de courte durée. De nombreux patients souffrent d’un mauvais contrôle de leur asthme Les corticoïdes inhalés constituent la base du traitement de fond et deviennent nécessaires dès que l’asthme persiste. Ils agissent de façon progressive mais durable, permettent un contrôle efficace à condition d’être pris tous les jours, même en l’absence de symptômes de la maladie. L’objectif de ces traitements est de diminuer la fréquence et l’intensité des symptômes et des crises, d’améliorer la qualité de vie.
> Bien lui expliquer comment utiliser ces médicaments, qui sont habituellement employés par voie inhalée. Plusieurs dispositifs coexistent : systèmes d'inhalation de poudre (turbuhaler, diskus...), aérosols doseurs, chambres d'inhalation. La question à poser au comptoir est : avez-vous bien compris comment on utilisait ce médicament ? Sans oublier le conseil à donner après inhalation d’un corticoïde : bien se gargariser la gorge avec un peu d’eau pour éviter le développement de mycoses dans l’arrière gorge.

Veiller au bon suivi médical
Vérifier que le patient est régulièrement suivi par son médecin et qu’il est évalué, à intervalle régulier (une fois par an au moins), par une épreuve fonctionnelle respiratoire, surtout lorsque l’asthme est sévère. Un suivi régulier permet de surveiller l'évolution et de juger le niveau de contrôle. Le patient présente des symptômes quotidiens (toux, gêne respiratoire, essoufflement à l'effort) ? Il se réveille la nuit (quintes de toux, respiration sifflante) ? Ses crises se répètent ? Ces signes indiquent que l’asthme est mal contrôlé, que le traitement de fond n’est plus adapté : le patient doit consulter sans tarder son médecin pour une réévaluation du traitement.

Savoir réagir face à l’urgence
Un patient qui se présente en crise à l’officine nécessite qu’on lui délivre un bronchodilatateur à action rapide. Comment identifier un patient en état de crise très sévère ? Par l'essoufflement prononcé, la cyanose, la polypnée, la tachycardie. La personne transpire au repos, est épuisée, dans l'impossibilité de se lever, de parler. En cas de détresse respiratoire : appeler un médecin sans tarder, appeler le SAMU ou recourir aux urgences.

Claire Grevot
Photo Miguel Medina

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Il faut bien vérifier que le patient a compris comment utiliser son médicament.


Plus de 10 % des enfants touchés
Les manifestations de l'asthme chez l'enfant sont les mêmes que chez l'adulte, mais elles sont plus difficiles à diagnostiquer car l'enfant a généralement du mal à décrire sa gêne : sifflements, toux sèche survenant la nuit, toux après l'effort, bronchites à répétition, essoufflement, fatigue, difficultés à la marche, à l'effort. Les crises sont occasionnelles, ne durent pas plus de quelques jours et sont bien contrôlées par les traitements. Dans tous les cas, un suivi médical spécialisé et rapproché est nécessaire (les signes peuvent être plus fréquents ou s'aggraver à certaines périodes). L’attitude à adopter si l'enfant fait une crise d'asthme : lui donner son bronchodilatateur (le reprendre à plusieurs minutes d'intervalle si la crise ne cesse pas), le rassurer, rester à ses côtés, l'emmener dans un endroit calme. Consulter en urgence en cas d'aggravation des manifestations.
 
POUR EN SAVOIR PLUS
www.asthme-allergies.org
www.respir.com