n°1210 mai 2009
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Santé Dermatologie Les biothérapies à l’assaut du « pso »
Les biothérapies du psoriasis ont été un catalyseur essentiel de l’évolution de la relation patient-professionnel de santé...
Le pharmacien est au coeur de ce changement.

Les biothérapies ont fait leur apparition dans le traitement du psoriasis il y a tout juste cinq ans. Depuis, en accord avec leurs indications, elles ont profondément modifié la prise en charge de cette pathologie, ou du moins de certaines formes difficiles à traiter jusqu’alors. Elles ont permis d’élargir l’arsenal thérapeutique alors que l’efficacité des traitements systémiques classiques est inconstante, avec une toxicité pouvant limiter leur administration au long cours.

L’espoir d’être soigné
Avec une efficacité à trois mois allant de 30 à 80 %, les biothérapies ne sont certes pas un traitement miracle. Toutefois, « certains malades retrouvent l’espoir d’être soignés... L’arrivée de nouveaux traitements donne l’impression aux patients que la recherche avance enfin », souligne Dalila Sid-Mohan, directrice de l’Association pour la lutte contre le psoriasis (APLCP). Le psoriasis est une dermatose chronique, mais n’est pas une simple maladie de peau : c’est une maladie auto-immune et inflammatoire, aux répercussions psychiques et sociales parfois désastreuses. Le traitement a pour objectif non seulement de soulager la dermatose, mais aussi de permettre au patient de (re)gagner en qualité de vie.

S’allier avec le malade
Si certaines biothérapies ne sont administrées qu’à l’hôpital par voie intraveineuse, d’autres peuvent être suivies en ville car injectées en sous-cutané. Il revient au prescripteur initial d’informer le patient des effets bénéfiques attendus, mais aussi des contraintes, des effets secondaires et des précautions associés à ces nouveaux traitements. Et le pharmacien, en tant que professionnel de santé de proximité, doit être présent pour répondre aux questions du patient, le conseiller, voire le rassurer. " Chez le malade,
les biothérapies apportent l’espoir, mais aussi le doute
"
Sylvie Consoli, psycho-dermatologue
« Chez le malade, les biothérapies apportent l’espoir, le désir de connaissance mais aussi le doute ou la peur – des effets secondaires, d’être un cobaye pour de nouveaux traitements, etc. Un psoriasis traité par biothérapie nécessite de s’allier avec le malade, de valoriser son désir de savoir et de comprendre », explique Sylvie Consoli, psycho-dermatologue. L’accompagnement du patient passe par un dialogue et un suivi réguliers, des conseils sur les conditions de conservation des médicaments et sur les précautions visant à limiter les réactions liées aux injections, un rappel sur les situations nécessitant de consulter un médecin au plus vite – tout particulièrement face à des signes d’infection, complication majeures des biothérapies du psoriasis. L’information du patient et son appropriation des contraintes du traitement sont le garant d’une bonne observance, essentielle à la réussite tant pharmacologique que psychologique des biothérapies.

Nathalie Le Goff
Photo DR

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L’arrivée de nouveaux traitements donne l’impression aux patients que la recherche avance enfin.

 

LES BIOTHERAPIES DU SPORIASIS, QU'EST-CE QUE C'EST ?
Si le terme biothérapie est très vaste et recouvre toutes les thérapeutiques issues du vivant (thérapies géniques, cellulaires, tissulaires, immunothérapies ou pharmacothérapies innovantes, etc.), la plupart des biomédicaments sont aujourd’hui des protéines. Ainsi, les biothérapies du psoriasis sont représentées par des protéines ou des anticorps monoclonaux. Depuis la récente suspension de l’efalizumab (Raptiva) au mode d’action différent, les trois autres biothérapies indiquées dans le psoriasis sont dirigées contre le TNF-alpha (Tumor Necrosis Factor), cytokine ayant un rôle majeur dans le processus inflammatoire associé à l’apparition des lésions cutanées. L’adalimumab (Humira), l’étanercept (Enbrel) et l’infliximab (Remicade) sont des anti-TNFalpha indiqués en seconde intention dans le psoriasis modéré à sévère, en cas d’échec ou de contre-indication d’au moins deux traitements systémiques classiques (photothérapie, méthotrexate et ciclosporine).