n°1210 mai 2009
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Santé Rhumatologie Lombalgiques, levez-vous !
Depuis quelques années, le traitement de la lombalgie bénigne commune a connu une véritable révolution. Mais certains préjugés ont la vie dure.
« Le mal de dos ne conduit pas à l’invalidité sauf lorsqu’on se laisse dominer par lui ! » affirme le Pr. Jean-Pierre Valat chef du service Rhumatologie au CHU de Tours. « La lombalgie est le signe d’une mauvaise condition physique et non l’inverse ». Alors qu’il y a quelques années encore, l’immobilisation au lit était de rigueur, les nouvelles recommandations privilégient l’activité sportive. Mais ça bloque encore, du côté des patients comme de certains médecins.

Une affection courante

La lombalgie bénigne commune (les vertèbres concernées vont de D12 à S1) est une expérience douloureuse banale, sauf quand elle est symptomatique ou spécifique – tumeur, fracture, infection, arthropathie... Elle concerne 95 % des 70 % de Français qui ont mal au dos et son origine exacte reste imprécise. Quel que soit son âge,
un lombalgique doit rester actif
La colonne vertébrale est une structure compliquée, sensible «mais très solide », précise le Pr. Valat « avec un environnement musculaire et une innervation importants. » Des modifications interviennent dès l’âge de 20 ans et sont constantes après l’âge de 40 ans. « La plupart des anomalies que l’on voit sur les radiographies du dos sont des modifications normales liées à l’âge et sont rarement responsables de douleurs. » En revanche, l’excès de poids et l’absence de muscles dorsaux accélèrent le vieillissement de la colonne. On sait aujourd’hui, grâce aux multiples études qui ont été à l’origine des référentiels autour de la lombalgie, que l’activité physique (vélo, rameur, stepper, natation...) régulière et assidue, est recommandée et qu’il faut maintenir une activité professionnelle autant que faire se peut. Car rien n’est plus dangereux que l’inactivité et ses conséquences : perte d’endurance, désadaptation cardio-respiratoire à l’effort, perte de souplesse, inhibition musculaire, avec un risque d’exclusion sociale.

Les croyances ont la vie dure

« Pourtant ce message ne passe pas », déplore le Pr. Bernard Fouquet, chef du service Médecine physique et réadaptation fonctionnelle à l’hôpital Trousseau de Tours. Convaincus – à tort ! – que le phénomène douloureux est lié à une lésion et que celle-ci doit être protégée par un arrêt de toute sollicitation, un certain nombre de généralistes et de rhumatologues continuent à prôner le repos au lit. «La douleur fait peur et plus on a peur, moins on s’améliore », regrette le Pr. Fouquet. De plus, si le médecin est dans une stratégie pessimiste, il va amplifier le phénomène : on parle alors de déconditionnement. « Nous sommes encore tributaires de nombreuses années de comportements inhibés. Or, quel que soit son âge, un lombalgique doit rester actif et les traitements doivent être prescrits dans ce but. » insiste le Pr. Fouquet. Que le médecin cesse d’avoir peur, que le pharmacien insuffle un peu d’optimisme et le lombalgique parviendra à domestiquer sa douleur.

Jacqueline Machu
Photo Miguel Medina
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Si elle provoque l'inactivité, une lombalgie bénigne peut avoir des conséquences dangereuses.


DES TRAITEMENTS SIMPLES
Des milliards d’euros, des centaines de milliers de jours de travail perdus... Les patients qui souffrent du dos ont tendance à se focaliser sur la recherche de la cause de leur lombalgie, multipliant consultations, scanners et autres examens coûteux. A la clef : l’échec et la dépression. Il faut les reconditionner physiquement et psychologiquement. Les traitements font la part belle aux AINS, associés ou non, aux myorelaxants, antidépresseurs et à la kinésithérapie :
■ Les AINS sont prescrits dès l’apparition de la douleur, dans le cas de lombalgie aiguë ou récidivante. Dans la lombalgie chronique, ils sont utilisés en cas de poussée douloureuse.
■ Les myorelaxants agissent sur la composante musculaire de la lombalgie, en cas de contracture musculaire constatée. Associés aux AINS.
■ Les antidépresseurs peuvent être utilisés dans la lombalgie chronique, en cas d’état dépressif constaté. Associés aux AINS.
■ Les thérapies physiques doivent être strictement adaptées à chaque patient, en fonction d’un bilan clinique et fonctionnel.