n°1220
mai 2010
Santé
BUCCO-DENTAIRE
Un patient, un dentifrice
Il y en a pour tous les goûts et toutes les indications mais seuls quelques critères simples doivent présider au choix d’une pâte dentifrice.
Choisir un dentifrice n’est pas anodin : pour plus d’efficacité, il faut interroger le patient puis le conseiller en fonction des indications et/ou de la formulation du dentifrice correspondant à ses attentes.
Contre les caries (20%)*
Un brossage triquotidien avec un dentifrice au fluor peut en réduire l’incidence, de 20 à 30%. Mais attention aux dosages ! L’Afssaps recommande de cesser l’apport de fluor chez les enfants de moins de 6 mois et conseille ensuite une supplémentation en fonction du risque individuel (teneur en fluor de l’eau, sel de table…).
Contre les gingivites (40%)*
Quand le brossage est insuffisant, les bactéries de la plaque dentaire, ou « biofilm », attaquent la gencive, provoquant des gingivites. Non traitées, celles-ci peuvent progresser en affectant le reste du parodonte, allant jusqu’au déchaussement des dents. Choisir un dentifrice contenant des agents antibactériens (chlorhexidine, fluorures, triclosan…) permet d’assurer un contrôle chimique du biofilm. La chlorhexidine est incompatible avec le laurylsulfate de sodium et peut colorer les dents en brun.
Antitaches (7,9%)*
Les dentifrices blanchissants ne font pas des miracles, mais sont indiqués pour effacer les taches de thé, de tabac, de café. Plus abrasifs que les autres, ils contiennent en général du bicarbonate de sodium ou de la silice et/ou, en faible quantité, du peroxyde d’hydrogène.
Du bon, du bio, de l’homéo (5,7%)*
Sans fluor, sans produits de synthèses, les dentifrices « bio » sont souvent formulés à base d’argile blanche ou de sel et d’huiles essentielles. Ils ont des goûts qui tranchent avec le traditionnel arôme menthe : citron, anis, cannelle…que l’on retrouve aussi dans les dentifrices homéopathiques.
*Part en valeur des ventes de ce type de dentifrice. On ajoutera que ceux pour les dents sensibles en constituent plus de 17%, et pour les enfants, 6,5%.
Jacqueline Machu
Photo : Miguel Medina
[ Nota bene ] La pharmacie représente 33% des ventes de produits bucco-dentaires, un marché estimé (source Nielsen) à 600 M€ en 2008.
COMMENT RECONNAITRE UNE FLUOROSE ?
La fluorescence est une intoxication due à un surdosage en fluor sur le long terme. À la moindre apparition de tâches blanches, il faut évaluer l’apport en fluor (dentifrice, sel de table, eau du robinet…) : les atteintes sont irréversibles.
Description de l’émail
Dent normale : aspect lisse et glacé, couleur blanc crème, surface claire et translucide.
Suspicion : quelques taches blanches, ou points blancs.
Fluorose très légère : petites taches opaques (évoquant des morceaux de papier blanc), couvrant jusqu’à 25% de la surface.
Fluorose moyenne : des zones opaques blanches couvrant jusqu’à 50% de la surface de la dent.
Fluorose modérée : toute la surface des dents est touchée. Des taches brunes sont parfois présentes.
Fluorose grave : toute la surface de toutes les dents est touchée; avec piqûres discrètes éparses ou groupées. Présence de taches brunes.
Source : classification de Dean
Les 5 bons conseils
1 Avant 3 ans, pas de dentifrice fluoré; de 3 à 6 ans, un dentifrice dosé de 250 à 600 ppm; à partir de 6 ans : 1000 à 1500 ppm. Niveau quantité, un petit pois suffit. Pour les adultes, la dose recommandée se situe entre 1200 et 1250 ppm.
2 Attention à ne pas avaler le dentifrice : le sorbitol provoque des diarrhées, le fluor des fluoroses…
3 Limiter dans le temps l’utilisation de dentifrices à base de chlorhexidine ou autre antiseptique jusqu’à la fin de la gingivite.
4 Les dentifrices blanchissants ne doivent pas être utilisés plus d’une semaine par mois.
5 En cas de sensibilité, utiliser un dentifrice approprié, avec un pH neutre et éventuellement du nitrate de potassium ou du chlorure de strontium. Bannir les brosses à dents dures, ainsi que les aliments acides.