n°1220
mai 2010
Actualité
ENQUETE
Quels tarifs pour l’aérosolthérapie ?
Plus de deux mille pharmaciens ont répondu à l’enquête lancée par la FSPF pour mieux connaître les usages de la profession en matière d’aérosolthérapie. La voilà parée pour défendre les prix et tarifs de ces dispositifs devant le CEPS.
Le Comité économique des produits de santé va bientôt procéder à la révision de la nomenclature concernant les matériels d’aérosolthérapie. Qui dit nomenclature, dit aussi prix et tarifs. « La location des générateurs d’aérosols n’est inscrite à aucune nomenclature précise dans la Liste des produits et prestations, explique Danièle Paoli, qui suit le dossier à la FSPF. Ce qui veut dire, concrètement, que les caisses ne savent pas précisément ce qu’elles prennent en charge quand il s’agit de facturer la location de ces dispositifs. En créant une nomenclature pour les aérosols, le CEPS va aussi s’attaquer à en réviser la facturation. » C’est pour se préparer à cette négociation que la Fédération a voulu connaître très précisément l’état du parc officinal. « Ces informations doivent nous permettre de compléter notre argumentation auprès du CEPS », explique de son côté Jocelyne Wittevrongel, membre du Bureau national. Une argumentation qu’il vaut mieux soigneusement étayer, le CEPS ayant plutôt tendance à réduire les montants de prise en charge qu’à les augmenter… Celtipharm a été chargé de mener cette enquête exclusive auprès de l’ensemble des titulaires français, avec un taux de réponse impressionnant : « Nous avons enregistré 2056 retours exploitables, se félicite l’élue syndicale, ce qui témoigne de l’intérêt des pharmaciens pour ces dispositifs médicaux et de leur engagement dans ce secteur. Ils doivent tous en être remerciés. »
Paramètres nouveaux
Ces informations seront précieuses pour aborder les négociations. La FSPF entend en effet intégrer dans le calcul des prix de location des paramètres nouveaux, mais bien réels, qui vont au-delà de la stricte location du matériel. « Nous avons ainsi découvert qu’un matériel n’était réellement en circulation qu’une vingtaine de semaines par an, remarque Danièle Paoli, et cette immobilisation représente une charge pour l’officine, qui se doit cependant de disposer d’une offre suffisante pour répondre rapidement à la demande. » L’enquête révèle en effet qu’une officine possède en moyenne huit générateurs d’aérosols, pour une durée totale moyenne de 152 semaines de location par an, soit dix-neuf semaines par aérosol. Autre paramètre que la Fédération entend prendre en compte : le coût du temps passé à la désinfection du matériel, qui prend en moyenne entre cinq et sept minutes, et qu’il convient d’inclure dans l’évaluation des coûts. Enfin, le temps que mettra un pharmacien pour expliquer au patient le fonctionnement de l’appareil et les modalités de prise. « Avec tous ses paramètres dûment évalués, explique Danièle Paoli, nous arrivons à un montant supérieur au tarif de 9,30 euros actuellement pratiqué. »
Alternative à l’hospitalisation
Ces négociations seront d’autant plus importantes que l’officine joue un rôle déterminant dans la mise à disposition de ces matériels. « Les pharmaciens couvrent actuellement près de 80% de l’aérosolthérapie pour les traitements de courte durée, ce qui rend de grands services pour les patients atteints de bronchites asthmatiformes, de trachéites et de laryngites, pour lesquelles un traitement par nébulisation est plus efficace et d’action plus rapide qu’un traitement par comprimés », conclut-elle. Bref, une thérapeutique véritablement utile pour les patients, que les pharmaciens veulent continuer à offrir… à son juste prix.
Laurent Gainza
Photo : D.R.
À RETENIR
• Une officine facture en moyenne 152 semaines de location par an.
• La durée moyenne d’une location pour un patient est inférieure ou égale à 2 semaines sur l’année.
• Les officines louent entre 2 et 3 types d’aérosols, plus particulièrement les pneumatiques et les soniques.
• Une officine possède en moyenne 8 générateurs d’aérosols et en loue également auprès de prestataires pour 19 équivalents semaine.
• 70% des officines enregistrent des prescriptions hors AMM, et pour la moitié ces prescriptions sont fréquentes.
Source : Enquête FSPF-Celtipharm réalisée en mars 2010 à partir de 2 056 réponses de pharmaciens d’officines