n°1220 mai 2010
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Santé PODOLOGIE Les pieds sur le comptoir
Le pharmacien est souvent le premier interlocuteur en cas de pieds douloureux. Conseils d’un podologue sur les choses à faire…ou pas. 
Le pied mérite une attention quotidienne. À commencer par une bonne hygiène. « Pour beaucoup, prendre une douche est synonyme de s’être lavé les pieds », regrette Thierry Brouillet, podologue. Le nettoyage et le séchage entre les orteils constituent pourtant la pierre angulaire de la prise en charge des intertrigos. L’entretien des chaussures s’avère également essentiel, en particulier s’il existe une hyperhidrose associée. En plus de les aérer durant la nuit, l’usage d’une poudre traitante (Spray Noir Akiléine) permet d’en assainir l’intérieur et de lutter contre les mauvaises odeurs. Le pied doit, en parallèle, être traité à l’aide de produits antitranspirants (crème Akiléine, Scholl spraypoudre). Le talc constitue une bonne alternative pour les petits budgets. Lorsque le patient rapporte des démangeaisons et une desquamation entre les orteils, un traitement antifongique (Lamisilate Monodose 1%) convient en première intention. La suspicion d’une onychomycose nécessite à l’inverse une consultation. En effet, « des microtraumatismes, sur un gros orteil relevé, peuvent entraîner un décollement de l’ongle », explique le professionnel. De même, une teinte jaune au niveau des ongles peut signer un problème circulatoire tel que l’artérite. Concernant l’ongle incarné, celui-ci ne se résout jamais sans l’intervention d’un podologue.

De la tête au pied

Tout aussi douloureux, les cors, oeils-de-perdrix et autres durillons sont traités à l’aide de protections avec un évidement central en feutrine ou gel. La prudence est de mise pour les pansements à base de coricide (Feuille de Saule…). Comme pour les verrues, une protection mécanique à l’aide d’un vernis sera conseillée. L’emploi systématique d’un traitement agressif (Pommade Cochon, Cryopharma), n’est par ailleurs pas conseillé pour les verrues. « Dans 60% des cas, elles ont une origine psychosomatique, rappelle Thierry Brouillet. Inciter le patient à parler de son problème émotionnel peut suffire pour voir disparaître une verrue. » Un pansement occlusif maintenu longtemps en place a également démontré son efficacité. Enfin ne jamais rater une occasion de faire un bain de pieds! Les patients qui présentent des douleurs en fin de journée peuvent ajouter un peu de bicarbonate de soude dans une eau tiède. Les sels de bain (Saltrates…) ou quelques gouttes d’huile essentielle de lavande procurent un effet délassant. Thierry Brouillet rappelle néanmoins « qu’un maximum de deux bains de pieds par semaine, sans dépasser dix minutes par séance, est acceptable ». Des bonnes choses, il ne faut pas abuser.

Anaïs Bellan
Photo : Miguel Medina

[ Nota bene ]
Article réalisé avec le concours de Thierry Brouillet, podologue, secrétaire du Syndicat régional des podologues de la région Centre. 
 

Ampoules, échardes et autres désagréments
Ampoule fermée : éviter de créer une porte d’entrée à l’infection en la perçant. Protéger à l’aide d’un pansement « seconde peau ».
Ampoule ouverte : découper la peau morte et désinfecter avec un antiseptique incolore. Protéger avec un pansement classique.
Échardes « rebelles » : recouvrir pendant 24 à 48 heures d’un corps gras sous un pansement occlusif afin d’en faciliter l’extraction avec une pince à épiler. Vérifier la vaccination contre le tétanos.
Le coupe-ongles n’est pas adapté pour l’entretien des pieds, car l’attaque de l’ongle par le dessus empêche de voir ce que l’on fait : ne pas couper trop court et utiliser une pince ou des ciseaux adaptés.
Attention aux pansements coricides mal positionnés : s’ils ne restent pas en place, ils rongent la peau saine adjacente.
Les callosités doivent être traitées par ponçage. Les pieds et la râpe – en émeri de préférence – sont toujours mouillés afin d’éviter l’échauffement.
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Au moins 80% des problèmes de pieds résultent de conflits pied-chaussure.