n°1220 mai 2010
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Santé UROLOGIE À l’école de la continence
L’apprentissage de la propreté doit se faire lorsque l’enfant est prêt et seulement à ce moment-là. Pas simple, et c’est pourquoi votre conseil peut être précieux. 
Françoise Dolto disait que « le dressage à la propreté est nuisible », invitant les parents à faire preuve de patience… alors que le bon déroulement de cet apprentissage est vécu, par nombre d’entre eux, comme un critère de compétence ! Difficile à concilier, surtout que les enfants n’ont pas le même rythme d’acquisition : la propreté vient quand les terminaisons nerveuses qui permettent de percevoir les besoins d’évacuation et de contrôler les sphincters, sont prêtes. Alors, pourquoi ne pas laisser faire la nature? Dans nos sociétés « civilisées », 3 ans est un âge trop tardif ; les enfants admis en maternelle dès 2 ans, ne peuvent l’être que s’ils sont « propres ». Comment dès lors accélérer l’apprentissage? Dans un premier temps, il est inutile de commencer si l’enfant n’est pas capable de monter et descendre un escalier, d’être stable quand il est assis sur le pot, s’il ne peut s’asseoir et se relever seul et comprendre des directives simples. En outre, il est important que les parents fournissent un cadre matériel et affectif rassurant, un climat de douceur et de détente.

Les erreurs à éviter
Il y a une grande différence entre proposer et imposer. Parler, encourager et féliciter l’enfant dans ses progrès, valoriser la propreté – être propre c’est pouvoir aller à l’école, faire comme les grands –, tout cela motive l’enfant. Bientôt, il sollicitera ses parents quand il sentira des envies, avec des mots qu’ils lui auront appris – « caca », « pipi », « pot » ou « popo » – ou en montrant sa couche, en serrant ses jambes… Faire asseoir l’enfant pour d’interminables séances sur le pot est évidemment à proscrire. Vu sur Internet : il y a des parents qui iraient jusqu’à utiliser des suppositoires ou des laxatifs pour avoir des selles à heures fixes. Lorsqu’il mouille ou souille ses vêtements, ne pas s’exclamer « tu es sale » ou « c’est sale » : l’enfant risque de se bloquer s’il sent un conflit latent. Les psychanalystes affirment qu’un enfant « dressé » trop tôt a plus de chances d’être perturbé plus tard : constipation, troubles du comportement, difficultés psychologiques… Dans tous les cas, il faut s’attendre à des « accidents » : l’enfant peut refaire ses besoins dans sa culotte parce qu’il est fatigué, inquiet ou malade ; parce qu’il est séparé de sa famille; parce qu’une soeur ou un frère est né(e). Comme disait l’autre, la route est droite mais la pente est forte !  

Jacqueline Machu
Photo : Miguel Medina  

Se retenir en 10 points
1 Mettre le pot à la disposition de l’enfant, toujours en un endroit facile d’accès.
2 Présenter le pot comme un objet lui appartenant et expliquer clairement ce qu’il doit faire.
3 Au début, mettre l’enfant sur le pot avec sa couche, pour qu’il assimile que « pot = besoins ». Au besoin, jeter la couche dans le pot pour renforcer le message.
4 Lui tenir compagnie pour ses débuts et le laisser quitter le pot dès qu’il le désire.
5 Plus tard, asseyez-le sans couche, en essayant d’établir une routine.
6 Expliquer que selles et urines ne sont pas une partie de lui mais la partie de la nourriture qui n’est pas utile pour lui.
7 Pour les garçons, apprendre à bien placer le pénis dans le pot ou les W.-C.
8 Invitez-le à tirer la chasse d’eau, uniquement s’il en a envie – certains enfants en ont peur !
9 Emmener au pot avant la sieste. Mettre une couche durant la sieste; si après deux ou trois fois de suite, elle n’est pas mouillée, on pourra tenter la sieste « sans ».
10 Après des succès répétés, suggérez l’usage d’une culotte propreté.
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Les psychanalystes affirment qu’un enfant « dressé » trop tôt a plus de chances d’être perturbé plus tard.  

Quelques « classiques » de la pédiatrie
L’Enfant bien portant, Aldo Naouri
Élever bébé, Marcel Ruffo
J’élève mon enfant, Laurence Pernoud
Les Étapes majeures de l’enfance, Françoise Dolto