n°1230 Mai 2011
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Actualité TEMOIGNAGE Questionnés par l’Igas
Les inspecteurs mandatés par l’Inspection générale des a¬ffaires sociales ont maintenant fini leur tour de France des officines. Mais qu’y ont-ils appris ?
Pas moins de cinq officines par département ! La tâche que l’Inspection générale des affaires sociales s’est attribuée ne manquait pas d’ambition. De la fin du mois de mars jusqu’à la mi-avril, les visites se sont multipliées.
Effectuées par les pharmaciens inspecteurs, maintenant intégrés au sein des Agences régionales de santé, elles avaient pour but de balayer tout l’exercice officinal grâce à un questionnaire de douze pages. D’une durée variable (de deux heures à la journée entière), la session a été généralement bien accueillie par les « enquêtés », même si le fait que ce soit l’Inspection de la pharmacie qui ait mené les interrogatoires ait pu générer du stress chez certains. Pour d’autres, au contraire, « l’inspection a été très légère : ni contrôle de stupéfiants, ni contrôle des ordonnances, ni contrôle des registres », se félicite Gérard Jean, titulaire à Frouard (Meurthe-et- Moselle).  « L’Inspection de la pharmacie a procédé par tirage au sort des officines. » Jean-Pierre Cornut, titulaire Il faut dire que ce n’était pas le but recherché. « Une inspectrice de l’ARS est venue me voir à la pharmacie. Nous avons basé l’entretien sur les douze pages du questionnaire Igas. Beaucoup de questions étaient très subjectives, notamment sur le rôle social du pharmacien au comptoir. Toute l’équipe a été mise à contribution pour y répondre », témoigne Jean- Pierre Lachèze, titulaire à Mérignac (Gironde). « Les réponses aux questions de l’inspectrice, que je ne connaissais pas avant, furent libres et franches, sans aucune appréhension de ma part ni de celle des adjoints présents », ajoute Gérard Jean.

De fond en comble

Pour le choix des officines inspectées, critère pourtant crucial de l’enquête, chaque région avait apparemment son mode opératoire : en Languedoc-Roussillon, « l’Inspection de la pharmacie a procédé par tirage au sort des officines », témoigne Jean-Pierre Cornut, titulaire à Alès, dans le Gard. Ailleurs, comme en Aquitaine, la sélection a pu se faire par affinité ou connaissance avec les inspecteurs, sans répondre à une méthodologie claire. Quant aux thèmes excluant les comptes ou l’analyse du chiffre d’affaires, beaucoup des interrogations des inspecteurs portaient sur les « à-côtés » du comptoir : participation aux réseaux, respect de la chaîne du froid, mise en place de procédures qualité au sein de l’officine… Pierre Hickel, titulaire à Ensisheim (Bas-Rhin), le confirme : « Il a été question des demandes de délivrance de médicaments hors ordonnance ou des sollicitations de nos patients sans prescription réglementaire ». Des interrogations très « nouvelles missions » destinées à sonder le potentiel des officines dans ce domaine. Évidemment.

Ce rapport tant attendu
La lettre de mission écrite par Xavier Bertrand le 9 février dernier et adressée à l’Igas ne laissait pas de doutes : les inspecteurs avaient peu de temps pour rendre leur copie au ministère et aux syndicats avant fin avril. Un vœu pieux, selon les observateurs, pour qui le rendu du rapport à la date prévue serait « irréalisable », vu l’ampleur de la tâche. À l’heure où nous écrivons ces lignes, une remise officielle fin mai, voire début juin, semble plus réaliste. Ensuite les choses s’enchaîneront très vite jusqu’au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont les débats commenceront à la rentrée.

Laurent Simon
Photo : D.R.
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L’Igas utilisera les conclusions de ces enquêtes pour proposer de nouveaux modes de rémunération venant se substituer à la marge actuellement en vigueur.