n°1178
mars 2006
Actualité
Médicament vétérinaire
Accord et désaccords
Si elle n’a pas débloqué la situation, la réunion de concertation entre pharmaciens et vétérinaires a permis de formaliser les requêtes des officinaux.
A défaut d’avancées notables, la réunion de concertation du 25 janvier, réunissant les représentants des vétérinaires et des officinaux, a au moins permis de formaliser les attentes des pharmaciens en termes de dispensation des médicaments vétérinaires. « Ce jour-là, nous n’avons pas trouvé d’accord à proprement parler », confirme André Kuypers, président de la commission Affaires rurales à la Fédération. Mais, à défaut de consensus complet, une proposition va maintenant être élaborée dans le camp des pharmaciens. « A l’issue de cette réunion, Jean Parrot a indiqué qu’il ferait rédiger par ses juristes une proposition de texte tenant compte de tout ce qui a été dit. » Une fois validée par les instances représentatives des pharmaciens, cette proposition sera envoyée à l’Ordre national des vétérinaires. Un goût d’inachevé, mais des avancées malgré tout.
Ordonnances renouvelables
Dans le détail, les éternels points d’achoppement subsistent. En résumé, les officinaux demandent de pouvoir renouveler les ordonnances vétérinaires, pour les produits inscrits sur liste dérogatoire « et, pour les autres, de pouvoir suivre la règle de santé publique pour les produits de liste I - ordonnance non renouvelable, à moins d’une mention expresse du vétérinaire -, de liste II - ordonnance renouvelable à moins que le vétérinaire en motive le non renouvellement ». Si les officinaux acceptent la notion de traitement prescrit sans examen préalable de l’animal par le vétérinaire pour certaines infections, ils demandent qu’à l’issue de la rédaction du protocole de soins, lorsqu’il est nécessaire d’administrer des médicaments, le vétérinaire rédige une ordonnance à cet effet. Une fois que les deux parties se seront entendues sur ce texte, ce dernier sera soumis à la direction générale de la Santé (DGS) et à la Direction générale de l’Alimentation (DGAL), « qui ne le retiendront pas forcément dans son intégralité mais, les deux structures étant d’accord, il serait logique que le texte soit retenu ». Le président de l’Ordre, qui s’est posé comme arbitre de cette rencontre, souhaitait avancer par étapes sur ce dossier ? La première est désormais franchie. Reste à attendre l’approbation des deux camps, celle de l’administration, et enfin la parution du décret. Et d’ici là ? « Il n’est pas sûr qu’un ”Grenelle” au sens propre du terme se tienne un jour. » Mais l’essentiel est que l’actualisation du décret « prescription- délivrance », prévue depuis 2004, ait lieu. Les deux parties ont d’ores et déjà convenu de se réunir un an après sa parution pour dresser un état des lieux, « afin de vérifier, conclut André Kuypers, si ce qui a été demandé est réalisable de part et d’autre ».
Fanny Rey
photo Miguel Medina