n°1178 mars 2006
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Santé Spondylartrite Des signes qui ne trompent pas
Mal de dos, douleurs nocturnes et matinales... Ce sont peut-être les premiers signes d’une spondylarthrite ankylosante, un rhumatisme inflammatoire chronique souvent dépisté trop tardivement.
Tout commence par un banal mal de dos. Puis, les douleurs – cervicales, dorsales ou lombaires – s’accompagnent de douleurs au niveau des fesses et des talons, d’un gonflement des genoux ou des chevilles. Une uvéite – qui se manifeste par un oeil rouge et douloureux – peut aussi apparaître. Attention : ces symptômes sont les premiers signes d’alerte de la spondylarthrite ankylosante, une pathologie potentiellement très handicapante qui touche plus de 150 000 Français (deux hommes pour une femme). A la différence des douleurs lombaires d’origine mécanique, celles dues à ce rhumatisme inflammatoire chronique sont responsables d’un réveil nocturne, d’un enraidissement le matin au lever nécessitant un échauffement. « Un mal de dos, dès lors qu’il est fréquent, ne doit jamais être banalisé mais faire l’objet d’une consultation chez le médecin traitant », insiste le professeur René-Marc Flipo, rhumatologue au CHU de Lille.

Vertèbres ankylosées

La spondylarthrite ankylosante peut apparaître seule ou accompagner le psoriasis ou encore la maladie de Crohn. C’est une maladie qui évolue par poussées, avec des rémissions plus ou moins longues. Contrairement à la polyarthrite rhumatoïde, elle ne détruit pas les articulations mais induit une ossification qui finit par relier entre elles les différentes vertèbres. En l’absence de traitement, les personnes perdent toute souplesse, les gestes de la vie courante – se laver, s’habiller, se chausser, etc – deviennent de plus en plus douloureux. L’origine de la maladie ? Elle est encore mal connue. « Il existe un terrain génétique prédisposant puisque 90 à 95 % des malades sont porteurs de l’antigène HLA B27. Mais l’initiation même de la maladie pourrait être d’origine infectieuse », indique René-Marc Flipo. La spondylarthrite ankylosante est encore trop souvent diagnostiquée tardivement et donc sous-traitée et ce retard génère un handicap accru. « Grâce aux progrès de l’imagerie (IRM), il est pourtant possible d’effectuer un diagnostic précoce dès que la maladie est suspectée », souligne René- Marc Flipo. Si les anti-inflammatoires permettent de soulager la douleur et de contrôler l’inflammation (une prise régulière aurait même une efficacité sur la prévention de la maladie en limitant son évolution), les anti-TNF alpha parviennent, eux, à bloquer la progression de la maladie. « La plupart du temps rapidement très efficaces, ces derniers sont indiqués chez les malades résistants aux traitements classiques », indique le rhumatologue. En raison de leurs effets indésirables – en particulier du risque infectieux potentiel – ceux-ci requièrent des conditions de prescription et de surveillance particulières (1). Le traitement des formes sévères de spondylarthrite nécessite une prise en charge multidisciplinaire associant un soutien médico-psychologique, les traitements médicamenteux et de la rééducation. «Dans le Nord - Pas-de-Calais, nous avons déjà constitué un réseau axé sur la polyarthrite rhumatoïde avec les médecins libéraux, généralistes et spécialistes, les professions paramédicales et les pharmaciens. La spondylarthrite devrait prochainement être intégrée à ce réseau », conclut René-Marc Flipo.

Claire Grevot
photo Miguel Medina

(1) Médicaments à prescription initiale hospitalière semestrielle. Prescription réservée aux spécialistes en rhumatologie, en médecine interne, en pédiatrie ou en dermatologie.
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Célèbre aussi pour ses rhumatismes
Le plus célèbre patient touché par la spondylarthrite ankylosante s’appelle... Ramsès II. La maladie du pharaon fut en effet révélée grâce aux examens radiologiques réalisés sur la momie dans les années 1960. A sa mort, lors de son embaumement, on dut lui fracturer la colonne vertébrale au niveau des cervicales, celle-ci étant devenue courbée et rigide, les vertèbres s’étant soudées les unes aux autres.