n°1178 mars 2006
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Actualité SRH Halte au court-circuit !
Les spécialités issues de la réserve hospitalière ne concernent que cinq patients par officine, en moyenne ? Peu importe. Les officinaux souhaitent que perdure le circuit classique de la chaîne du médicament. Une position partagée par les répartiteurs qui, après avoir vu leur échapper le circuit de distribution des génériques, ne voudraient pas qu’il en soit de même pour celui de la réserve hospitalière, même partiellement. Après avoir accueilli en septembre les représentants de la quasi-totalité des laboratoires concernés, la Fédération a fait de même le 24 janvier avec les représentants des répartiteurs et le président de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP). « Le circuit de la réserve hospitalière est bien rôdé, constate Danièle Paoli. Dans les faits, les pharmaciens privilégient le circuit classique  De réels efforts ont été accomplis par la répartition pour le respect de la chaîne du froid, notamment pour la mise en place d’une norme pour les bacs réfrigérés. » Le constat est donc globalement positif, à un point près : l’absence d’un canal unique de distribution. C’est le cas notamment du Neorecormon, pour lequel sept dosages sur dix ne sont proposés qu’en vente directe, ce qui devait être provisoire. Une situation justifiée par le souhait du laboratoire d’accéder directement aux pharmaciens pour mieux les informer via des fiches pratiques de dispensation. « Il faudrait qu’en contrepartie de la divulgation du nom du pharmacien par le répartiteur, le kit d’information parvienne à l’officine en même temps que le produit », souligne la présidente de la commission Exercice professionnel de la FSPF.

Traçabilité et inviolabilité

Dans les faits, pour ces spécialités, les pharmaciens privilégient le circuit classique. « Depuis deux ans que le Glivec est sur le marché, pas une seule boîte n’a été vendue en direct », assure Patrick Martin, président de la CSRP. Idem pour les EPO, qui ne passeraient que par le canal de répartition. Si le système fonctionne, il reste perfectible. En matière de traçabilité, d’abord. Nombre de ces spécialités étant thermosensibles, « les répartiteurs demandent comme nous que les laboratoires fixent sur leurs produits une pastille mémoire qui leur permettrait de savoir si le produit est acceptable ou pas à la réception, ce qui réglerait en même temps le problème des retours. Les pharmaciens sont très vigilants à la gestion de ces produits qu’ils ne stockent généralement pas, vu leur coût élevé. Ils peuvent malgré tout être confrontés à des problèmes de retour, notamment en cas d’intolérance, d’hospitalisation de dernière minute… ou de décès », explique Danièle Paoli. Autre bémol, dépassant le cadre de la réserve hospitalière : la non-inviolabilité des conditionnements, qui permettrait également une meilleure gestion des retours. Des systèmes existent, mais ils restent exceptionnels. « Sur 8000 à 9 000 présentations, environ une centaine de boîtes sont concernées, ce qui n’est pas significatif du tout, indique Patrick Martin. Il n’est pas normal qu’on puisse ouvrir une boîte de médicaments sans que personne ne s’en aperçoive. » Reste à définir le contour des différents systèmes à mettre en place. L’Afssaps et la Direction générale de la santé (DGS) travaillent actuellement à un projet de transposition de directive européenne portant obligation de tracer les lots, et un décret devrait paraître courant 2006. « Pour l’instant, il s’agit de s’inscrire dans le débat », conclut Patrick Martin.

Fanny Rey
photo Miguel Medina

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Le cas Cellcept
Une nouvelle forme galénique arrive sur le marché en circuit direct : CellCept suspension buvable, qui doit être reconditionné à l’officine par le pharmacien, sa manipulation étant dangereuse pour les yeux et les muqueuses. Si la FSPF reconnaît l’intérêt de la préparation à l’officine, elle a demandé au laboratoire Roche qu’il précise les éléments fournis aux officinaux afin que la manipulation soit faite sans danger.