n°1188 mars 2007
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Actualité Economie Déremboursements, premier bilan
Pas facile de développer l’automédication en France. Si l’année 2006 a été bonne pour le secteur, les déremboursements ne font pas tout.
Hors de l’Assurance maladie, point de salut. C’est ce que semblent dire les chiffres du secteur de l’automédication publiés par l’Afipa, l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable. Pour preuve, les dégringolades des médicaments récemment déremboursés : l’Ultralevure perd ainsi 48 % en volume et 24 % en chiffre d’affaires, l’Efferalgan vitamine C pas moins de 55 % en volume et 45 % en CA, l’Euphytose s’en sort presque bien avec une baisse de 19 % de son CA. En plus, selon IMS qui a produit ces données, ce sont des exemples de spécialités qui ont bien «résisté»... Leur secret ? « Une position de leader, une marque forte et une adaptation de la gamme ». Tout n’est pourtant pas noir au pays de l’automédication : le marché de l’OTC « strict », c’est-à-dire les médicaments à prescription médicale facultative non prescrit et non remboursable augmente de 8,8 % par rapport à 2005. Mais les déremboursements ne seraient responsables que du tiers de cette progression. « Il y un a changement d’attitude, une prise en main voire une responsabilisation des patients », commente Pascal Voisin de IMS consumer health.

Pertes et profits


Ajouter à cela des efforts marketing conséquent et une prise de conscience politique, suite à la remise du rapport Coulomb : les deux autres tiers de la progression en 2006 trouvent là leur explication. Selon l’Afipa, les déremboursements ne sont donc pas la « solution magique » pour développer le marché, car les pertes en volume sont tout de même importantes : seule une boîte auparavant prescrite sur 12 se retrouve en automédication. Pas évident de faire payer les patients un médicament qu’ils percevaient auparavant comme « gratuit », d’autant que les polémiques sur l’envolée des prix les ont rendu méfiants. Les prix en France sont pourtant dans la fourchette basse : 4,54 € en moyenne par boîte, contre 7,60 € en Allemagne, par exemple. L’Afipa voit donc logiquement d’un bon oeil les expérimentations de mise à disposition en accès direct de ces médicaments, comme le suggère le rapport Coulomb. Et le passage de l’automédication en GMS (Grandes et moyennes surfaces), tel qu’il s’est récemment pratiqué en Italie et au Portugal ? « Les résultats du passage de l’automédication en GMS à l’étranger, je m’en fiche, dit carrément Eric Maillard, président de l’Afipa. Au Portugal, par exemple, il n’y a que quatre ou cinq centres qui se sont développés pour vendre de l’OTC, ce n’est pas représentatif. » Dont acte.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina
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