n°1198 mars 2008
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Actualité Syndicalisme Les Domiens ne lâchent rien
La baisse de 3 % pour tous les médicaments dans les Dom a été publiée au Journal Officiel. Les pharmaciens réunionnais continuent leur mouvement.
Toutes les armes de guerre conventionnelles ayant été utilisées, il faut se préparer à la valise atomique. Après avoir baissé leur rideau, persisté dans la grève des gardes, manifesté et communiqué à répétition, les pharmaciens domiens se préparent au pire. Pas moins de 232 lettres de déconventionnement ont été rassemblées par le Syndicat de La Réunion sur 243 pharmacies, soit 95 % de mobilisation. La baisse des prix étant effective pour les officinaux le 15 mai prochain, ces lettres devront parvenir aux autorités un mois avant pour prendre effet à cette date. En d’autres termes, plus de remboursement pour les assurés sociaux dans les officines déconventionnées. Le premier acte de cette guerre à distance entre Sécu et pharmaciens domiens a commencé il y a quelques semaines avec le passage en dégradé de toutes les factures des assurés. Résultat pour les caisses : un retour au traitement papier, plus lent et fastidieux, et pour les pharmaciens, un paiement différé, puisque les flux ne sont plus certifiés par la carte Vitale.

Ultimatum

L’impact des baisses de prix sera pourtant porté à 70 % par les grossistes et seulement à 30 % par les pharmaciens soit 0,9 % de baisse effective, selon le ministère de la Santé. Pas suffisant pour les Domiens : « L’impact des baisses de prix ne se limitera pas à ces 30 % car nos remises grossistes vont baisser. D’autre part, toutes les mesures qui concernent la métropole frappent aussi les Dom, comme la récente modification de la loi Chatel », déplore Frède Sautron, présidente du syndicat des pharmaciens de la Réunion. Elle estime l’impact cumulé de ces mesures à 18 000 € par tranche d’un million d’euros de chiffre d’affaires et par officine. Mais la baisse de prix étant actée au JO, pour les Domiens, la question lancinante est : que faire ? Leurs marges de manoeuvre sont extrêmement ténues. D’ici l’éventuel déconventionnement, une action en justice auprès du Conseil d’Etat sera menée pour attaquer le décret à la fois sur la forme – des signatures ne seraient pas valides – et sur le fond, les baisses de prix n’étant pas étayées selon eux par des études économiques, comme la législation le réclame. Peut-être les municipales leur donneront-elles la fenêtre de tir espérée pour influer sur les politiques locaux, malgré l’intransigeance au niveau national. Mais en cas d’échec de ces recours et si la mobilisation ne faiblit pas, ils n’auront d’autres solutions que d’appuyer sur le bouton rouge.

Laurent Simon
Photo Miguel Medina

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