n°1208 mars 2009
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Actualité Edito Présents !
L’examen du projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires a provoqué, en marge de son examen parlementaire, de vives tensions parmi les professionnels de santé. Faut-il rejeter en bloc un projet dont on dénonce les insuffisances, ou bien s’en accommoder au point de fermer les yeux sur les sujets d’inquiétude qu’il suscite ? Il n’y a pas de bonne réponse à cette mauvaise question, et personne ne sortira gagnant d’une polémique inutilement réductrice. Nous n’ignorons pas les interrogations spécifiques soulevées par ce texte, et nous savons qu’elles ne manquent pas ! Mais nous en appelons à un travail sur le fond, et non à des déchirements stériles sur la forme. Nous le devons aux patients, et nous le devons aux professions que nous avons l’honneur de représenter. Les Etats généraux de l’organisation des soins, organisés l’an dernier en préalable à l’élaboration de ce projet de loi, ont suscité de grands espoirs. Les contraintes puissantes exercées sur l’élaboration de ce texte ont conduit à des déceptions, tant il est vrai que les solutions de compromis ont ceci de particulier qu’elles déçoivent tout le monde à part égale. Et après? Ce projet de loi, élaboré en premier lieu pour les patients, porte en germe des évolutions profondes. C’est pourquoi nous avons choisi, avec l’ensemble des organisations professionnelles de la pharmacie d’officine, de promouvoir une série d’amendements relatifs à la reconnaissance de nos missions et à une évolution qui réponde aux besoins et attentes des patients.

Pour être présents partout sur le terrain et connaître intimement les forces et faiblesses du système de santé, les pharmaciens sont parfaitement conscients de ce qu’ils peuvent apporter à ce système aujourd’hui fatigué et confronté à des défis considérables. Encore faut-il qu’on leur en donne les moyens. Ce projet de loi porte en germe des évolutions profondes C’est pourquoi je me félicite que, sur nos instances, le législateur ait accepté d’inscrire dans la loi des articles relatifs aux missions du pharmacien. Qu’on ne s’y trompe pas : cette loi, si elle permet la reconnaissance du pharmacien et son ancrage dans de nouvelles missions de suivi auprès du patient, est riche de promesses pour l’avenir. Si elle ne révolutionnera pas notre exercice en un claquement de doigts, elle constituera néanmoins une véritable ouverture sur des orientations de fond à long terme. Assurément, la voie est étroite, et je n’ignore pas que la grave crise financière qui ébranle nos économies ne nous donne pas autant que nous le voudrions les moyens de nos ambitions. Mais elle renforce notre vigilance quant aux garanties qui devront accompagner toute recherche d’un meilleur service à la population. Tout élargissement du champ de compétence du pharmacien devra être économiquement viable par le biais d’une rémunération, et le plus grand nombre d’officines devra pouvoir y accéder. A ces conditions, nous continuerons de porter l’espoir d’une réforme qui permette la reconnaissance de notre rôle et l’amélioration de nos pratiques au service du patient.

Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

Photo Miguel Medina
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