n°1208
mars 2009
Santé
En Bref
Vitamine C de A à Z…
La vitamine C est utile à l’homme pour éviter le scorbut et ne pas perdre ses dents, certes. Mais ses bienfaits pourraient ne pas s’arrêter là.... Une équipe de chercheurs français s’est penchée dans un récent article de PLoS One sur l’action de l’acide ascorbique (AA) sur... les cancers. Leurs conclusions sont claires : « L’AA a une activité antiproliférante à des doses élevées, qui pourraient être obtenues grâce à des injections intraveineuses », affirme Michel Fontès, l’un des auteurs de l’étude. La molécule agit directement sur les gènes responsables de la synthèse des protéines et donc de la croissance cellulaire par compétition sur l’adénylate cyclase, une enzyme ubiquitaire dans le corps humain. Avec une bonne sélectivité : plus les cellules se reproduisent, plus la vitamine C agit, menant in fine à la nécrose cellulaire. Théoriquement, les tumeurs, toujours hyperactives, seraient donc également les plus touchées. L’équipe de la Faculté de pharmacie de Marseille vient apporter sa pierre à un débat vieux de dizaines d’années, qui déchire la communauté scientifique. Ainsi les pro vitamine C – le premier d’entre eux étant Linus Pauling, Nobel de chimie en 1954 – militent pour la prise quotidienne de 5, 6 voire 10 g d’AA. Très peu toxique, « la molécule peut être administrée à très hautes doses parfois 70 g [sic] par jour », avec pour seul effet secondaire des diarrhées. Michel Fontès et l’équipe de chercheurs de l’Inserm ne comptent d’ailleurs pas en rester là : le mode d’action de la vitamine C pourrait ouvrir de tout nouveaux champs thérapeutiques. Ce qui laisse entrevoir de (très) nombreuses applications. C’est parfois dans les vieux pots que l’on fait les meilleurs remèdes.
Laurent Simon 
Vue scientifique de la molécule d'acide ascorbique