n°1208 mars 2009
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Santé Nutrition Antioxydants: un effet de mode ?
Les antioxydants font l’objet d’un véritable engouement, notamment au travers des compléments alimentaires. Les experts réunis récemment lors de la 49e Journée annuelle de nutrition et diététique ont pourtant invité à une certaine prudence...
Les antioxydants font l’objet de nombreux travaux expérimentaux dont les résultats sont souvent contradictoires. Ainsi les essais d’intervention (comme SUVIMAX, par exemple) réalisés avec des compléments alimentaires montrent une réduction du risque de cancer, mais ne font apparaître aucune diminution du risque de maladies cardio-vasculaires. D’autres études (CARET et ATBC) démontrent que des apports élevés de béta-carotène augmentent les risques de cancer du poumon chez les fumeurs. « Cependant les doses de béta-carotène apportées par les compléments alimentaires sont très inférieures aux doses utilisées dans les études. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) attire malgré tout l’attention sur le risque de cumul de doses chez les fumeurs », souligne le Dr Jean-Louis Berta, nutritionniste à Angers.

A la juste dose, sans excès


En théorie, il n’y a donc aucun risque pour le consommateur (s’il respecte la dose habituellement recommandée), Les doses nutritionnelles de vitamines et minéraux antioxydants seront prochainement fixées par la Commission européenne. du fait de l’encadrement réglementaire européen. Les doses nutritionnelles de vitamines et minéraux antioxydants seront prochainement fixées par la Commission européenne (suite à la publication récente de la directive du 28 octobre 2008 concernant les apports journaliers recommandés). Pour les autres substances revendiquant le statut d’antioxydant, seules des études cliniques bien conduites permettront de préciser les doses efficaces et sans danger. Le règlement européen imposant d’apporter la preuve scientifique des allégations de santé va pousser les acteurs de la filière à développer des études de ce type.

Les bilans de stress oxydant peu fiables

L’engouement pour les bilans biologiques de stress oxydant ne se dément pas : en effet ces derniers entretiennent l’espoir d’un contrôle biologique de ce stress et de sa conséquence : le vieillissement ! Sur le plan pratique, ces bilans sont complexes et les résultats difficiles à interpréter en l’absence de normes physiologiques. A l’échelle individuelle, ils sont donc peu exploitables. « Leur interprétation peut conduire à une utilisation mal maîtrisée de la supplémentation en antioxydants, qui n’est pas sans danger » prévient le Pr Anne- Marie Roussel, de l’université de Grenoble. L’approche médicale, moins onéreuse pour le patient et qui peut être facilement mise en oeuvre, s’appuie sur les facteurs de risques individuels (diabète, HTA, âge, surpoids...), l’interrogatoire alimentaire, IMC et le bilan biologique de base.

Christine Fallet 
Photo Miguel Medina
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